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Sortir à Londres : le business du Burlesque

septembre 18th, 2012 · No Comments

Depuis la fin des années 2000, à Londres, cabaret rime avec burlesque. En quelques années, le style burlesque a pris l’assaut de nombreuses scènes : Des plus improvisées et confidentielles aux plus « en vue », en passant même aujourd’hui par les plus chics (telles que le Savoy pour ne citer que lui), le burlesque et son côté « naughty » plaisent…

Une véritable aubaine pour les artistes, les impresari, les metteurs en scène et les producteurs. Mais attention, le « burlesque upmarket » ne risque-t-il pas d’aseptiser le style naturellement subversif du burlesque pour le rendre plus « consommable » par un public du West End ? « Nous ne voulons pas choquer le public, déclare l’un des directeurs du Savoy, nous essayons de tester l’audience, voir jusqu’à nous pouvons pousser le bouchon ». Une chose est sûre, il n’ira pas aussi loin que dans certains shows comme ceux du Double R Club…

Le Club tient son nom de Twin Peaks, le film et la série cultes de David Lynch. Ceux qui les ont vus se souviendront des scènes tournées au Double R Club. Comme de plus en plus de nuits-cabaret, ajouter un thème en plus fait la différence. Et là, c’est l’univers lynchien qui sert de background au Double R Club qui sévit au Working Men’s Club de Bethnal Green. Orchestré d’une voix et d’une présence de maître par un certain Benjamin Louche. En démarrant fort par une chanson de Bauhaus, groupe obscur anglais de cold-wave des années 80, Monsieur Louche met tout de suite dans l’ambiance…

Travesti, sexy… tout simplement burlesque

Puis un travesti du Yorkshire, Myra Dubois, ouvre la danse des numéros de ce cabaret burlesque lynchien. Auntie Myra se part de son nez de clown pour quelques tours de magie, après avoir avoué « on n’en croit pas un mot“ qu’elle n’avait vu aucun film du maître David Lynch.

Les numéros s’enchaînent : on tape du pied au rythme des claquettes de Josephine Shaker, on fait du hula-hoop avec Miss Emerald City, qui nous gratifie d’un numéro sensationnel, on a mal pour Trixie Tassels qui exhibe ses tétons barrés de piercings et se couvre tout le visage de rouge à lèvres avec des gestes et des contorsions de mal-être qu’on ne lui envie pas. Le public est totalement conquis. Il en sort même une sorte d’auto-satisfaction qui annihile tout jugement objectif : This is the place to be… Obviously.

Pourtant, malgré la qualité de certains numéros, pourquoi les numéros sont-ils à dominante féminine et forcément déshabillées… Pourquoi les hommes ne laissent dévoiler leur corps (ou en tout cas quelques centimètres carrés) que lorsqu’ils sont travestis en femmes ? Bref, une question que je suis sans doute la seule à me poser devant cette foule totalement convaincue…

Pour terminer la soirée, les clous du spectacle : l’élection de Miss Twin Peaks, une certaine Miss Amelia, pour son numéro Mulholland Drive et la remise du diplôme du meilleur déguisement, un travesti canadien déguisé en « naughty » Laura Palmer, en juste au corps, chaussé de talons hauts bleu électriques à strass façon drag queen, et couvert d’une bâche en plastique transparent. Enfin du vrai trash…

Prochain Double R Club, le 20 septembre (infos)

[ post & photo by Elisabeth ]

Tags: Insolite · post by Elisabeth · reportage · sex in The City

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