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Sommes-nous tous devenus franglais ?

avril 24th, 2009 · 124 Comments

Un mea culpa qui s’impose. Longtemps, je me suis gentiment moqué des Français qui passaient leur temps à mélanger le français et l’anglais pour vomir une espèce de langage personnel aux teintes de yaourt. Je réalise aujourd’hui qu’on y vient tous plus ou moins.

Il me semble que c’est difficile à envisager tant qu’on n’a pas vécu à l’étranger un bon moment. Mais à être baigné 24h/24 dans une langue et une autre culture, on en vient à penser dans la langue, à rêver dans la langue… Et les conversations du quotidien faites de « anyway… you know… sure thing… let’s meet ASAP… » s’infiltrent rapidement dans la langue d’origine. Selon moi, il ne faut pas excuser ce langage vicié parfois insupportable mais on peut essayer de comprendre son origine.

Le franglais comme signe d’acculturation ?

Alors, d’où vient cette propension à parler une troisième langue ? La facilité ? La paresse ? Le style ? Peut-être un peu des trois. Mais surtout, l’habitude. A parler anglais toute la journée, on en vient à avoir des mots anglais plus facilement en tête. Ça vient souvent plus vite, allez comprendre. Cela permet aussi de s’épargner le besoin de chercher le vocabulaire dans sa propre langue maternelle.

Les linguistes et sociologues pourront me contredire mais il me semble que c’est un signe d’une certaine acculturation (quand le contact entre deux cultures entraîne des modifications dans les modèles culturels initiaux de l’un des deux groupes). Peut-être même est-ce le signe d’un début d’intégration ? D’assimilation ?

Le drame est selon moi quand on franchit la limite du raisonnable. Vous en connaissez tous, j’en suis sur, des gens hyper cools qui parlent comme ça : « tu comprends, you know, this is just l’histoire d’un business qui a marché. A guy who actually a réussi. C’est ça qui est fantastic in the UK. You come and bam, tu fais ton business! »… Et je caricature à peine.

Faut-il avoir peur du mimétisme culturel…

Certains puristes verront derrière cette tendance l’illustration d’un impérialisme linguistique de l’anglais sur les autres langues et singulièrement le français. Je ne suis pas un fervent défenseur d’une langue française figée qui ne devrait plus évoluer. Je ne crois pas non plus tellement dans les traductions souvent ridicules des expressions anglaises (podcast ou baladodiffusion ?) mais sommes-nous encore capables de nous exprimer correctement?

Qui parmi les Français de Londres sait comment on appelle un « shift » en français? Un planning horaire? Qui sait encore que « casual » peut souvent être remplacé par « décontracté » ? Je sais bien que c’est plus cool de parler à moitié en anglais, une pinte à la main mais c’est comme si, à l’usage, en dans un élan de paresse intellectuelle, on perdait notre vocabulaire !

Je me souviens de ce prof à la fac qui m’avait interpellé sur le langage texto (que sincèrement j’ai du mal à comprendre). Il me disait que, selon lui, qu’importe qu’on puisse déformer/détruire le langage. L’important était que l’on puisse continuer à communiquer.

La forme est-elle plus importante que le fond ? Faut-il dramatiser ? Quand mes potes marocains parlent un français où un mot sur 4 est de l’arabe (ou l’inverse), est-ce qu’ils se prennent des réflexions « oh, comme tu te la pètes?!!! »

Bref, let me know ce que ça vous inspire !

Tags: France vs. UK · Vivre à Londres

124 responses so far ↓

  • 1 Berlinois // Avr 24, 2009 at 6:05

    Bonjour, je vis et travaille sur Berlin depuis quelques années et je parle un mélange de francais et d’allemand en permance, on ne dit pas le metro mais la « Bahn » ou le « Stras » pour le Tram, on monte en haut et on descend en bas, définitivement entre francais d’allemagne on parle avec les mots qui nous viennent le plus facilement, impressionant aussi c’est d’entendre des juristes, des comptables ou des ingénieurs parler le francais avec tous les termes techniques en allemand. Tout simplement ca va plus vite, pas de risque de se tromper dans la traduction, ce n’est pas notre métier, on parle les deux mais il est super difficile de faire la transition entre les deux correctement.

  • 2 admin // Avr 24, 2009 at 6:13

    Oui, c’est vrai, après c’est parfois le résultat de déformations professionnelles. Comme ces traders qui comptent en « belge » pour éviter les confusions. Dire « septante », ca évite d’entendre juste le « soixante » dans « Soixante-dix ». 🙂

  • 3 Carine // Avr 24, 2009 at 6:20

    Oui, je me reconnais parfaitement dans cet article. A mon retour du Royaume Uni après trois ans, j’ai dû mettre trois mois à parler « correctement »: bons mots et avec mon accent « normal ». C’était très bizarre/troublant d’avoir, sans réfléchir, les mots anglais mais pas les mots français; ces derniers étant enfouis quelque part dans ma mémoire.

  • 4 Pumpkin // Avr 24, 2009 at 6:27

    Merci pour ce petit billet, moi qui ai vécu 6 ans a UK (pardon, en Grande Bretagne), j’avais du mal a faire comprendre a mes amis francais que je ne parle pas « comme Jean-Claude Van Damme » pour « me la péter ». Je me reconnais bien dans ce que vous expliquez… Cela dit, j’évite un maximum de mélanger les 2.
    A méditer aussi: utilisez-vous certains mots francais lorsque vous parlez anglais? Moi non…

  • 5 Pumpkin // Avr 24, 2009 at 6:32

    Cela dit, je travaille dans une grosse multinationale (type NOUS 😉 ) dans un pays de l’Est (dont je ne parle pas encore assez bien la langue pour connaitre le meme probleme) oü parler le franglais est pratique courante. Ce que je trouve fianlement « confortable ». Mais je suis bien en peine pour expliquer ce que je fais au travail a des gens qui ne parlent pas du tout anglais…

  • 6 Scotian // Avr 24, 2009 at 7:18

    « Vous en connaissez tous, j’en suis sur, des gens hyper cools qui parlent comme ça : “tu comprends, you know, this is just l’histoire d’un business qui a marché. A guy who actually a réussi. C’est ça qui est fantastic in the UK. You come and bam, tu fais ton business!”… »

    J’ai un pote belge, Jean-Claude V., qui parle comme ça.

  • 7 Scotian // Avr 24, 2009 at 7:21

    « Comme ces traders qui comptent en “belge” pour éviter les confusions. Dire “septante”, ca évite d’entendre juste le “soixante” dans “Soixante-dix”. 🙂 »

    D’ailleurs, l’anglais n’est pas terrible pour ça. Travaillant sur des chantiers bruyants, je ne compte pas les confusions entre « fifteen » et « fifty » ou « sixteen » et « sixty ». En général, il faut clarifier en « five – zero ! »

  • 8 cedric // Avr 24, 2009 at 7:54

    Un joli petit babillard monsieur Francais Dans Londres, comme a l’accoutumee…

  • 9 arnaud // Avr 24, 2009 at 7:56

    J’ai une double expérience sur ce sujet. Tout d’abord, j’ai passé deux ans à Glasgow. A mon retour en France, impossible de parler français correctement: les mots me venaient d’abord en anglais. Cela est rapidement devenu un sujet de plaisanteries avec mes amis. Une de mes perles: « Tu vois what I mean? »
    Depuis maintenant neuf mois, je vis de nouveau à l’étranger. Je travaille dans un centre d’appel à Amsterdam. L’entreprise étant américaine, l’anglais est donc la langue « officielle » dans le travail, que ce soit en formation, en réunion etc…
    Cette anglophonie envahit également les conversations entre Français: on ne transmet pas un dossier à un autre département, on escalade un case; on travaille en early ou late shift; on ne se connecte pas au réseau, on se log.

    Vous voyez what I mean?

  • 10 cedric // Avr 24, 2009 at 8:04

    Allez, et puisque tu y faisais allusion, voici un lien vers un article sur le fait d’avoir recours au bon vieux « Yaourt »: lire ici

  • 11 admin // Avr 24, 2009 at 8:13

    Tiens, j’ai oublié un argument. est-ce que tout simplement parler anglais ne sonne pas mieux? L’anglais a ce côté plus « smooth » (merde, ca se dit comment en français?)

    Avez-vous remarqué comme un « take care » peut prendre parfois plus de poids qu’un simple « prends soin de toi » (pas si habituel à dire en Fr)? Utiliser une seconde langue permet ainsi d’exprimer des sentiments avec un peu de plus de pudeur qu’en français. « i’ll miss you guys », « i love you », etc…

    Mais après, il est vrai que tout n’est pas bon à traduire d’ailleurs. Personne n’aurait envie de danser sur le tube d’Anita Ward « tu peux sonner ma cloche… »! You can ring my be-e-ell, ring my beeeeeell!

  • 12 Pilou // Avr 25, 2009 at 1:46

    Je suis totalement d’accord avec ce petit billet. Vivant actuellement en Arizona mais parlant egalement regulierement avec des francais je dois bien avouer avoir parfois du mal a trouver mes mots dans la langue de Moliere. Par contre je doute fort que l’integralite des personnes que je connais et qui parlent franglais ai jamais ete dans un pays anglo-saxon. Je pense plutot qu’etant baigne dans une culture (chansons, TV, nouvelles technologies) qui parle majoritairement anglais, des gens adoptent le franglais comme identification a un nouveau genre ‘dans le vent’. Quelle consequence pour le francais?

  • 13 New-yorkais // Avr 25, 2009 at 2:19

    Completely agree with your post, although I experience this in the opposite direction. I lived for a long time in France and just returned to the US last September. It’s very difficult sometimes for me to find the word I’m looking for in English. It’s more frustrating here in the US, though, because not many people understand French.

  • 14 Adam // Avr 25, 2009 at 10:05

    Comme New-yorkais, pour moi c’est le contraire aussi. En France depuis un bon dizaine d’années, je ne suis pas au courant de tous les nouveux mots et expressions anglais, dont quand quelqu’un me demande parfois par exemple ‘comment dire clé USB’ en anglais’, je n’ai aucune idée.

  • 15 Vince // Avr 25, 2009 at 12:21

    En fait y’a aussi un autre facteur: les langues n’ont pas les memes expresssions et traduire mot à mot ne veut souvent rien dire ou n’a pas du tout la meme valeur. Tres bon example avec « take care ». Du coup mon cerveau choisit ce qui est le plus approprié pour le contexte actuel et ma volonté d’éviter le Jean-Claude Vandamiste tente en vain de se focaliser sur une seule langue. Ce qui introduit des temps morts ou on cherche nos mots comme des abrutis 🙂

  • 16 stavros // Avr 25, 2009 at 12:26

    Franco-grec, je parle donc le « Freek » comme on dit en grèce… habitant a Londres depuis 7 ans il m’arrive de mélanger les langues, meme si mes parens ont insisté pour que j’evite ces mélanges. Ils soutenaient que ce « c’est de la paresse intellectuelle ».. je pense qu’ils ont raison. Cependant le pire, c’est pas de balancer des mots anglais dans une phrase en francais, mais les « viens, je vais t’introduire un ami (!!) ».. détecter ce genre de choses est bien plus dur. Pour ce qui est du choix de la langue, c’est une gymnastique difficile, mais avec un peu de volonté de de concentration, c’est pas si dur…

  • 17 giorgio // Avr 25, 2009 at 1:56

    Je disagree avec ces commentaires, il me semble qu’il ne s’agit pas forcément de paresse intellectuelle ou d’habitude mais d’efficacité, l’anglais est souvent une langue plus concise, percutante, l’italien et l’allemand des langues riches en adjectifs aussi pour aller au plus prêt de l’expression d’une nuance pourquoi ne pas pêcher dans la langue de son choix le mot le plus à même de le faire ressentir à son interlocuteur ? Cela ne me choque pas.

  • 18 fabienne and co // Avr 25, 2009 at 3:46

    et puis il y a les raccourcis comme « je te donne un lift? ». C’est quand même plus pratique que de dire: tu veux que je te raccompagne chez toi?
    Non?
    Dans chaque langue il y a des concepts, des tournures de phrases qui sont intraduisibles. Alors on pioche et on fait sa sauce soi même.
    Cheers!

  • 19 Pierre (Londres) // Avr 25, 2009 at 11:25

    Pour moi, et j’insiste bien, pour moi, le pire en matiere linguistique, c’est la novlangue que l’on trouve en France dans le milieu des affaires ou ce dialecte sert de code secret a un milieu et qui croient vraiment parler l’anglais. Ensuite vient l’anglais de certains francais qui viennent en GB et a qui nombre britanniques disent qu’ils parlent tres bien l’anglais. Pourquoi? 1. Parce qu’ils sont polis et 2. qu’ils sont complexes par rapport a leur connaissance des langues etrangeres. Il m’arrive parfois d’avoir affaire a des francais s’exprimant en anglais et je suis desole mais c’est une horreur. Je sais que c’est mechant mais je les appelle des grenouilles… Lorsque j’etais prof de francais en faca Sheffield, il m’arrivait de parler, avec des collegues brit. les 2 langues a la fois et la c’etait le pied parce qu’en fait, nous savions que la langue n’est qu’un outil d’expression de la pensee. Et dans ces cas-la, on pouvait communiquer a tres grande vitesse. Aujourd’hui, je parle anglais tous les jours, meme au boulot ou le francais m’est inutile mais je ne parle que francais a une seule personne, mon gamin de 2 ans qui, tous les soirs, me demande de lui montrer ‘la moon’…. Un liguiste londonien (et peut-etre intolerant).

  • 20 Pierre (Londres) // Avr 25, 2009 at 11:29

    Je voudrais offrir a la discussion une expression qui me fut envoyee hier soir d’un blackberry. Quel est pour vous le sens de ‘Bon vent!’ en fin de message? Comment le prendriez-vous? merci.

  • 21 Pierre (Londres) // Avr 25, 2009 at 11:35

    Hi there Mr NewYorker. London is a French-speaking city too. I always warn my French-speaking visitors to be wary of making comments in French as there are plenty of people here who can understand the language: French, French-sp Europeans, F-S Africans and Brits who have studied abroad or languages (more likely to be found here because of jobs and money). Maybe not something you’d find in the big apple. Actually, London is defined as the 6th French city too… lol

  • 22 Pierre (Londres) // Avr 25, 2009 at 11:37

    JR, pour smooth tu peux toujours utiliser polissé, ou meme ‘cool’.

  • 23 Babalas // Avr 26, 2009 at 10:48

    J’apprécie énormément ce papier… Pour étudier les phénomènes de multilinguisme et de langues métissées dans un contexte bien différent (les townships sud-africains) je peux vous garantir que ce phénomène est très naturel. Et qu’il ne s’agit en rien d’une dénaturation ou d’une acculturation.

    Dans un contexte de contact culturel et linguistique, quels qu’en soient les modalités, l’individu doit s’intégrer successivement ou simultanément dans deux systèmes différents (ou plus d’ailleurs). Il en vient à les mélanger… D’un point de vue social, ce serait plutôt l’apparition d’une nouvelle sous-culture — (c’est-à-dire qu’elle est contenue dans une (des) autre(s) culture(s) — qu’une acculturation de l’individiu. Car au final, si on utilise une langue mélangée, on ne quitte pas pour autant son identité d’origine…

    Pour plus d’infos, je vous conseille mon documentaire « Speak as you want to speak : just be free! » en cliquant ici

    Have a nice day.

  • 24 Un autre Pierre // Avr 26, 2009 at 11:07

    « le signe d’un début d’intégration ? D’assimilation ? »
    Oui, le début donc.
    Pour avoir vécu la même chose il y a quelques années (études en pays anglophone), je dois dire que c’est dans les premières étapes. Ca vient d’autant plus vite qu’on n’a peu l’occasion de parler sa langue d’origine (le français donc dans notre cas). Dans mon cas, l’étape suivante a été de dissocier complètement les 2 langues, et de faire l’effort de chercher jusqu’au bout le mot en français qui me vient pourtant tout de suite en anglais.
    Ce mélange est compréhensible pour des mauriciens ou des seychellois, qui par construction jonglent entre ces 2 langues administratives ou de l’éducation officielle, plus d’autres vernaculaires entre eux… mais pour le français lambda, j’apparente plus ça à de la paresse.
    Je pense que cette paresse est facilitée par la similitude entre les 2 langues (français et anglais). Pour quelqu’un qui s’expatrie au Japon par exemple, je pense que compte tenu des énormes différences grammaticales, syntaxiques, voire même de concepts, l’ajout d’expression japonaise dans le discours français ne viendrait pas forcément à l’esprit comme une évidence. Pour reprendre un des exemples, « C’est ça qui 日本で素敵なんだよ », je ne pense pas que ça viendrait à l’esprit des français de Tokyo…
    « c’est comme si, à l’usage, en dans un élan de paresse intellectuelle, on perdait notre vocabulaire ! » : presque ; on ne le perd pas, on ne fait juste pas l’effort pour le retrouver (alors qu’il est juste là dans un coin de la tête). C’est là que la pinte doit faire son effet délétère…
    Quant à la francisation systématique des mots anglais, style baladodiffusion, attention, il me semble que ce n’est pas en France que c’est le plus développé, mais plutôt au Québec ! Qui eux « se battent » pour préserver leur français des expressions anglaises…
    Tout à fait d’accord avec un des commentaires : les expressions anglais dans un discours en français, pour moi, ça évoque tout de suite JCVD. J’espère que vous en êtes bien aware de ça…

  • 25 Florence // Avr 26, 2009 at 11:07

    Française vivant depuis vingt ans en Allemagne et mariée à un Anglais, je passe mon temps à utiliser les trois langues. En effet, comme ce qui se passe pour d’autres qui ont déjà réagi ici, on prend le premier mot qui vient à l’esprit, quelle que soit son origine. Il faut aussi dire qu’il y a des concepts qui sont mieux exprimés dans une ou l’autre des langues. Donc c’est normal de se servir de certaines expressions, appropriées à ce que l’on veut dire sur le moment, même si cela implique un mélange à l’intérieur même d’une phrase. J’aime aussi « franciser » certains verbes allemands, « Ã¼ber » par exemple, à la place de « Ã¼ben », pour dire qu’on a travaillé son instrument (je suis musicienne). Sans complexes, d’ailleurs, car les Allemands ont eux des verbes comme « sich genieren », de « gêner ».
    Quand on vit entre plusieurs cultures de langue, on ne fait que ressentir dans sa chair ce qui est arrivé aux langues depuis qu’elles existent, les influences et le mélange permanents, qui dépendent bien sûr de facteurs politiques et économiques.

  • 26 nadja // Avr 26, 2009 at 11:12

    Je ne pense pas qu’il s’agisse de paresse intellectuelle. Quand on parle, ça va vite, alors on ne peut pas se permettre d’aller chercher au fin fond de son cerveau « le » mot qui correspond. On parle comme ça vient, et c’est pourquoi, à mon avis, il y a autant de dialectes/argots : chaque groupe de personnes sélectionne et adapte les mots qu’il utilise le plus.
    Perso, j’essaye vraiment de ne pas mélanger les langues, mais c’est impossible. Les mots me viennent naturellement en anglais ou en français. Je me vois mal interrompre une conversation pendant 5 minutes juste pour retrouver le mot adéquat. C’est frustrant mais c’est comme ça : je confonds les langues, je bafouille, je cherche, je ne trouve pas le mot. Mais je préfère parler 3 langues de façon approximative que d’en parler une seule parfaitement. La paresse intellectuelle, c’est aussi rester à l’abri de son propre langage sans élargir ses horizons, non ?

  • 27 sue // Avr 26, 2009 at 11:19

    Au-delà de la laideur du mode d’expression que vous décrivez et du côté purement fonctionnel de l’analyse qui en est faite dans certains commentaires (« c’est plus pratique, man », « les langues sont destinées à se mélanger », etc.), il ne faut pas oublier qu’une langue, dans sa structure, ses particularités et la qualité de son vocabulaire, c’est un mode de pensée en soi. A-t-on besoin de répéter que l’on ne pense simplement pas de la même manière en Français et en Anglais, et ceci indépendamment des codes culturels?…
    Pour avoir longtemps vécu à l’étranger, je sais que le langage dont il est ici question est singulièrement limité, pauvre en ellipses et en toutes ces figures qui font que l’on comprend à demi-mot ou que les niveaux de sens peuvent se cumuler.

  • 28 tom // Avr 26, 2009 at 11:21

    Je ne vois pas vraiment le problème pour les gens qui vivent effectivement entre plusieurs langues.
    Dans ma boîte, on essaie d’éviter surtout les mots anglais dans les rapports en français, qui sont souvent des mots valises vides de sens. Le typique « bottom-up » ou l’inénarrable « top-down » sont des exemples de la paresse intellectuelle des consultants qui peuvent ainsi caractériser à peu de frais des phénomènes, sans prendre la peine d’être précis, et avec la certitude de recevoir du client un hochement de tête entendu…

    Franchement, voilà le type de novlangue qui me gêne beaucoup plus qu’un « take care » (que personnellement je traduirais par « Ã  bientôt »).

    @ pierre: en fin de message, pour moi c’est un message de bonne chance, comme on dirait à des marins qui prennent le large.
    En interjection c’est un sens péjoratif (« très bien, va-t-en! »)

  • 29 nanteuil // Avr 26, 2009 at 11:23

    A la fin de ce message , I will submit …Snobisme ,tout ça : »glamour , fashion,girly… » j’en passe et des meilleures , tout ces mots dont se repaissent les médias ont tous des traductions pas du tout ridicules ! Bravo aux Québécois , seuls vrais défenseurs de la vraie langue française !!!

  • 30 Anthony O Neill // Avr 26, 2009 at 11:26

    Tout change, mais au fond tout reste le meme: c’est toujours mieux parler et s’echanger que rester en isolation doree!

  • 31 renzo // Avr 26, 2009 at 11:27

    C’est tout à fait normal que la langue française puisse diparaître. Elle était simplement un dialecte, comme l’italien, le portuguais, etc. à l’époque où LA langue c’était le latin. Quand l’empire romain a disparu, les dialectes sont devenus langues. Je crois il faudrait atteindre la disparition de l’empire USA pour en revenir aux langues « regionales » comme le français…

  • 32 nadja // Avr 26, 2009 at 11:33

    Pour répondre à Sue :
    Il existe aussi un mode de pensée qui est propre aux gens ballotés entre deux cultures. En tant qu’expat, je me retrouve toujours à tisser davantage de liens avec les étrangers qu’avec les gens du coin.
    Donc forcément, le langage suit : on crée des jeux de mots bilingues, on pioche la meilleure expression dans son réservoir de langues… Tout ça pour dire qu’un mélange de langues n’est pas forcément une langue pauvre ou purement fonctionnelle.

  • 33 Enkidu // Avr 26, 2009 at 11:39

    J’ai trouvé cet échange d’opinions tout à fait passionnant et très actuel. Il y a juste une approche qui me semble avoir été oubliée. Les internautes expliquent les raisons qui leur font choisir (ou subir lorsque c’est instinctif) l’emploi de mots anglais ou allemand dans leur façon de parler… En revanche, personne n’a pris en compte l’autre, celui à qui l’on s’adresse… Peut être supposent-ils qu’il maîtrise lui aussi la langue étrangère ? Peut être ne s’en soucient-ils pas ?

  • 34 Eloise // Avr 26, 2009 at 11:39

    J’ai vécu un an à Londres, et en général les mots d’Anglais utilisés en plein milieu d’une phrase Française étaient ceux pour lesquels je ne connaissais pas d’équivalent. « To top-up » par exemple, pour remettre des sous sur sa carte de transport ou son téléphone. Je disais tout le temps « je vais top-uper », car en France on ne « recharge » jamais son abonnement carte orange, et j’avais toujours eu des abonnements et non des cartes prépayés en téléphonie…

    Et pour répondre à Nanteuil, certes, les Québécois inventent des francisations comme « courriel » ou autres, mais quand on les écoutes parler, quelle horreur ! « C’est le fun », « t’es harsh », ce sont les pires yaourteurs que je connaisse !!

  • 35 sue // Avr 26, 2009 at 11:48

    Nadja,
    L’un des charmes de la vie à l’étranger est précisément que l’on s’affranchit de certaines règles pour se fabriquer une langue sur-mesure, référencée et souvent intelligente à sa manière.
    Mais il est ici question de communication et le cercle auquel on s’adresse se réduit lorsqu’on se retrouve dans une telle niche, car il faut bien parler aux autres. C’est toujours par là que la langue s’appauvrit – car c’est la pensée qui s’appauvrit avant elle.

  • 36 Pierre // Avr 26, 2009 at 12:06

    J’ai pas mal côtoyé les Indiens qui mélangent sans arrêt l’anglais avec des mots de leurs nombreux dialectes dont les vocabulaires anciens pour ne pas dire littéraires ne sont pas souvent adaptés aux mots de la vie quotidienne moderne. Cela me m’a jamais posé de problèmes pour les comprendre et les apprécier dans la fluidité d’une expression orale qui n’est jamais figée. Notre langue française est rigide sur certains aspects, ce que l’anglais n’est pas. C’est pour cette raison que j’adore la langue de Shakespeare.

  • 37 nadja // Avr 26, 2009 at 12:15

    @sue
    J’ai l’impression que quand on veut utiliser une langue à son plein potentiel, on s’adresse forcément à un nombre réduit de personnes. Les universitaires ont leur langue, les ados ont la leur (pour ne citer que deux exemples). Il y a toujours des subtilités de langage qui se perdent selon la personne que l’on a en face de soi. Je ne crois pas à une langue française maîtrisée de la même façon par tous les Français.
    Donc oui, effectivement, le langage des expats est un langage-niche et une grande partie de leur inventions linguistiques restera confiné dans cette niche. Mais il y a de plus en plus de gens bilingues (voire multilingues), donc ce mélange de langues est amené à se généraliser. Et à devenir plus intéressant de jour en jour.

  • 38 SeB // Avr 26, 2009 at 12:21

    Hello London, ici Shanghai.
    Je me retrouve beaucoup dans ton post également, car vivant avec tous plein d’étudiants du monde entier, la langue utilisé est l’Anglais. Ma copine vit aux US (!!) depuis 7 ans mais est Indienne. Du coup, c’est de l’Anglais 24/7. Par conséquent, j’ai fini par penser et même rêver en Anglais.
    Seulement, plus on avance dans nos études du Chinois et plus c’est du « Chiglais » qu’on parle. Comme par exemple : Can you ask to the « shifu » to go « kuai yi diar ma » ? = Peux tu demander au chauffeur (de taxi) d’aller plus vite s’il te plait ? ».
    Au final, on se comprend tous très bien et toutes les langues, que ce soit l’Anglais ou le Français se mélangent. Vivant avec 2 autres Français en coloc, j’arrive tout de même à garder mon vocabulaire en tête ! Oooouuufff

  • 39 Banhri // Avr 26, 2009 at 12:32

    A partir du moment où l’on se plonge dans une autre langue et qu’on l’utilise, c’est un phénomène d’acculturation ( vu que cette langue fait partie d’une culture autre que la nôtre ).

    On retrouve le  » Franglais  » dans toutes les autres langues, où certaines personnes sont confrontées à plusieurs langues en même temps et les mélangent… Ce n’est pas plus mal et permet peut-être de considérer l’attachement que nous portons aux langues que nous  » parlons  » ( parce que l’on peut baragouiner aussi ).

  • 40 Yorick (Québec) // Avr 26, 2009 at 12:55

    Salut !

    Je vis depuis 4 ans dans LE pays très certainement le plus soumis par le passé et maintenant encore, notamment à Montréal, à l’invasion de la langue anglaise : le Québec. Et bien ici s’est développée une très très forte résistance à l’assimilation, et même s’ils ne résistent pas à la présence de quelques anglicismes (du style « party »), il est clair que les québécois sont les seuls vrais défenseurs actuels de la langue française ! A méditer en métropole !

  • 41 promeneur // Avr 26, 2009 at 12:57

    Quelques principes qui éclairent le débat du franglais:

    – l’être humain est doté de mécanismes d’auto-apprentissage extrêmement efficace qui sont en permanence à l’oeuvre et bénéfique : répéter, copier

    – c’est la fréquence d’un mot qui fait que vous allez utiliser un mot plus qu’un autre (anglais ou autre). C’est vrai aussi pour l’accent.

    Рvous ne pouvez pas aller contre ces automatismes car ils agissent en dehors de votre volont̩.

    – c’est le bain linguistique qui décide de votre langage pas vous

    – si vous avez le souci de vous faire comprendre vous avez toujours la possibilité d’adapter votre langage à votre auditoire
    quand vous changez de bain

    – la langue naturelle est incomplète et ambiguë d’où la nécessité dans chaque métier d’inventer un langage technique plus efficace mais aussi d’aller chercher dans une autre langue un mot qui n’existe pas ou qui est plus précis.

    Laissez tomber les arguments qui n’expliquent rien :
    – type moraux comme la paresse intellectuelle
    Рtype sociologique genre ils veulent constituer une classe sup̩rieure
    Рtype sectaire genre ils parlent un langage incompr̩hensible pour rester entre eux.

  • 42 Guillaume // Avr 26, 2009 at 1:00

    Le jour où des Francophones inventeront le podcast, ils imposeront peut-être l’usage du français pour nommer leur invention. En attendant, inutile et vain de vouloir franciser les choses que l’on n’a pas créé. Rappelons-nous pour rire que les anglophones nous ont emprunté le mot de bureaucratie, chose qu’ils n’ont pas créée… On ne choisit pas toujours ses mots. Les rapports de force linguistiques reflètent en ce sens une certaine géographie de la créativité.

  • 43 Jacques // Avr 26, 2009 at 1:01

    Il me semble qu’il y a un mélange (en proportions variables selon les individus) entre de la paresse intellectuelle et du snobisme, lorsque l’utilisation d’expressions d’une autre langue n’est pas exceptionnelle. Je travaille avec des européens de différents pays et il y en a de nombreux avec lesquels le mode d’expression est tantôt en français, tantôt en anglais, voire tantôt en allemand, sans avoir recours à une soupe ou au globish.

  • 44 clauzier // Avr 26, 2009 at 1:09

    Heureusement que les langues se mélangent et font sans cesse des emprunts !!! c’est un vrai régal pour moi d’écouter parler , notamment dans les transports en commun, par exemple, des personnes d’origine arabe ou russe, vivant en France ….. Mais ça, c’est dans la vie quotidienne…. Tout est permis .

    [Qui sait de plus que cette horrible chose, dénommée cravate, répandue chez les hommes du monde entier, qui se piquent d’être des « responsables » vient du croate (Hrvatska Croatie), foulard que portaient les soldats de ce pays au 19e siècle !!! ]

    Bien plus grave est l’emprunt par les médias et dans certains cercles, notamment des affaires, de termes anglo-saxons , récemment le « green washing », sans parler du sabir invraisemblable pratiqué par les cabinets d’audit et de conseil anglo-saxons, payés très cher par l’administration française, ces dernières années, sous l’impulsion de J.F. Copé, (Révision générale des politiques publiques) et dont les rapports finaux étaient incompréhensibles en français, cachant en fait le vide des propositions.

    A part ça, je me fais plus de souci pour l’anglais de Shakespeare que pour la langue de Molière !!!! Peu s’en soucient, il n’y a pas de Secrétariat d’Etat à l’anglophonie !!! à la francophonie, oui !! il falait l’inventer celui-là …..

  • 45 Eusèbe // Avr 26, 2009 at 1:13

    « Ã‡a vient souvent plus vite, allez comprendre »

    Vos mots anglais vous arrivent plus vite car vous êtes baigné dans l’anglais au quotidien, c’est tout.
    Je mettrais ma main à couper qu’un étranger vivant un moment en France vivra la situation inverse!

    « Le drame est selon moi quand on franchit la limite du raisonnable. »

    Et c’est bien à ce moment là qu’on se rend compte de l’intérêt des lois de nos cousins québécois.

    « podcast ou baladodiffusion ? »

    Les mots à racines françaises sont pour des raisons sémantiques infiniment meilleurs : cela rend cohérent la langue, à l’inverse
    des mots anglais, des acronymes. Baladodiffusion évoque de suite quelquechose à un francophone alors que podcast est -en français- dénué de toute logique. Comme l’a souligné un intevenant, une langue c’est aussi une structure, un mode de pensée.
    C’est ce genre de phénomène qui a rendu l’anglais, langue germanique teinté de latin/français aussi incohérente (prononciation, vocabulaire…).

    De plus, souvenez vous de « walkman », à la mode à l’époque, devenu ringard…

    « Je sais bien que c’est plus cool de parler à moitié en anglais »
    Oué, it’s fashion, hein?
    Il me semble justement que c’est moins vrai que dans les années 80. C’est en outre, une phénomène surtout prononcé en commerce, finance, vous savez ces secteurs en plein boom en ce moment 🙂

    N’oubliez pas qu’à votre retour en France, vous allez avoir du mal à vous faire comprendre, bref à communiquer…
    « l’anglais est plus smooth »
    L’anglais est plus lisse en français simplement parceque les mots ne frappent pas les francophones comme les mots français. La langue maternelle est vraiment ancrée!
    C’est un phénomène qu’on retrouve en chanson où les jeunes peuvent chanter des phrases débiles parcequ’ils ne les comprennent pas : ils ne sont pas « heurtés » par le sens. On retrouve la critique dans le rock en français, genre systématiquement attaqué sur la langue (un groupe de liverpool sera bon parcequ’il est de liverpool, un groupe de Lyon sera mauvais parcequ’il est français).

    Si vous dites plus facilement « I love you » à vos voisines, c’est peut être davantage lié à pinte de bière anglaise…;)

  • 46 Jef Tombeur // Avr 26, 2009 at 1:28

    Il m’est arrivé de vivre à Londres et de ne plus trouver mes mots français (enfin, certains) pendant un court temps de réadaptation.

    Mais contrairement aux Britanniques, dont la presse dite « de qualité » (enfin, ce qu’il en reste : Guardian, Independent) est constellée de mots français, allemands, latins, voire grecs, c’est toujours les mots les plus courants, les mots les plus faciles à traduire dont les Français se gargarisent.

    C’est non seulement de la paresse intellectuelle, mais la marque de la servilité d’un pays qui rampe devant un Sarközy dont le langage est encore plus limité mais qui, lui, malmène l’anglais.

    Pour un peu, tels les courtisans madrilènes se mettant à mouiller les consonnes pour imiter une infante zozottante, les Français se mettront à parler comme leur maître. La tendance vers le franglais est donc réversible…

    Malheureusement, pour se distinguer de ce ludion malfaisant, des Françaises et des Français pourraient être tentés par plus de franglais. Et malheureusement, le ridicule est un trait bien français. Mais bon, ne faisons pas des boucs et mystères de celles et ceux prononçant kiouldisack au lieu de dire impasse… Pouffons discrètement.

  • 47 nocturne // Avr 26, 2009 at 1:51

    En tant que linguiste, voici le genre de réflexions sur la langue qui ont la dent dure et que l’on n’aime guère…
    La langue est toujours en perpétuelle évolution, et ce depuis des siècles. Le français s’est évidemment nourri des autres langues et continue à le faire.
    Le « franglish » que vous décrivez me semble un peu exagéré cela dit. En vérité, il s’agit surtout de mots qui reviennent comme « parking » ou « chewing-gum »… mais rarement des expressions et la grammaire n’est jamais touchées…
    Enfin, dire que le français « s’acculture », c’est oublier qu’aucune autre langue ne s’est plus nourri du français que l’anglais…

    Pour les (malheureux) clichés sur les langues (comme, et je l’entendais hier encore à la télé, penser que la langue française est la plus riche et la plus belle du monde… réflexions qui me paraissent absurdes…) je recommande vivement le petit ouvrage de Marina Yaguello, le Catalogue des idées reçues sur les langues.

  • 48 Ernestoelche // Avr 26, 2009 at 2:01

    Je suis prof d’espagnol en Californie, et on peut me traiter de puriste ou de reac, mais je n’accepte jamais que l’on melange des langues si differentes en ma presence. Par le passe’, des profs laxistes ont fait croire a’ mes stepdaughters que parler Spanglish c’etait tres cute! Et bien, des qu’elles ont amenage’ dans ma maison, ca a ete la reeducation. A chaque fois qu’elles voulaient me dire quelquechose, je les interrompais en leur demandant: English or Spanish? Maria: stick to one language or the other! J’ai ete tres dure avec elles, mais maintenant qu’elles sont a’ l’universite’ elles me sont tres reconnaissantes.

  • 49 carlotta00 // Avr 26, 2009 at 2:13

    et surtout bon courage pour le retour. Pas toujours très open notre biotifoule country. J’ai longtemps pensé que ma difficulté à reparler le français de façon fluide et sans invoquer d’anglicisme, après des années à l’étranger, était le reflet d’une ENVIE DE REPARTIR TRÈS VITE… ;)!

  • 50 Paul // Avr 26, 2009 at 2:38

    Tout cela est bien amusant, mais malgré soixante ans de confusion entre les deux langues j’ai la chance d’enseigner la traduction. Or l’anglais et le français ont des caractéristiques spécifiques, dont le vocabulaire. Il est trop facile d’opposer la concision d’une langue à l’imprécision de l’autre.
    Apprenez bien les deux langues avant qu’il ne soit tard, les facilités de mélange sont illusoires.
    Sinon vous baraguinerez jusqu’à la mort (littéralement, expérience personnelle). La langue maternelle ne revient jamais.
    Pratiquez régulièrement la traduction permet de bien séparer les deux langues et de se faire comprendre correctement. A propos I am English born, definitely, as they used to say in my part of London…

  • 51 Florence // Avr 26, 2009 at 2:46

    Merci à Nocturne de son avis éclairé de linguiste!

  • 52 Anid // Avr 26, 2009 at 2:48

    Pas de nouveauté pourceux qui ont l’habitude du nomadisme linguistique et culturel. La plupart des Français ont un rapport affectif avec leur langue qui devient pathogique dans le mileu intitutionnel. Il arrive régulièrement qu’on interdit de communiquer avec autre langue que le français même si c’est bénéfique et utile pour aboutir à comprendre et faire comprendre.
    Je ne suis pas français mais je vis en France et j’ai travaillé dans un service de protecton judiciaire (PJJ) qui accueille des adolescents venant de plusieurs horizons culturels et linguistiques avec un langage français sans sémantique. Alors quand j’intervenais auprès de ces jeunes avec une autre langue pour leur faire comprendre la signification des expressions françaises apprises sans sens dans la vie quotidienne , le responsable du service n’admettait jamais ce jeu pédagogique pour la réinitialisation du système linguistique acquis de façon informelle. Le rapport à la langue ne se dissocie pas du rapport à soi et au monde dans sa diversité. C’est une question qui relève de vue de l’esprit.

  • 53 Pascal // Avr 26, 2009 at 3:27

    Vivant depuis longtemps en Australie, j’ai été naturellement « accroché » par le titre de ce post. Ma surprise a été d’y lire ces analyses présomptueuses aux sons de « paresse intellectuelle » ou « d’aculturation ». Wouaw, pas moins.

    A nos anglophobes: pensez-vous vraiment que la langue que vous utilisez n’a pas sa propre histoire? Jugez-vous aussi sévèrement le vieux paysan ardéchois et son patois machouillé? Et l’origine de ce latin de référence utilisé pour traduire nos bons philosophes grecs et autres bibles: êtes-vous certains d’en avoir retirer l’essence originale? Pourquoi Rabelais sentait-il donc le souffre? Et le style d’un Céline, d’un Aimé Césaire: quelle langue?
    Plus directement ––et simplement: quel est à votre avis le langage vous permettant de lire ce blog? Allez-y: de votre menu, chercher l’option vous invitant à voir la source. Là vous découvrirez un mélange d’anglais pour le code et de français pour le contenu. Allez-vous boycotter le world wide web?

    La langue est une affaire de contexte que nous façonnons tous activement. Et l’Académie, tout en offrant un point de référence, ne fait que jouer à cache-cache avec ce que la rue et l’usage imposeront tôt ou tard ––avec l’aval des tricornes ou non. Ce n’est pas la langue française qui est menacée, mais une idée qu’on en a.

    Oui une langue offre bien une autre façon de penser. Et ceci est de l’or… Et je peux vous assurer du délice qu’est une conversation menée entre polyglotes… salutaire!

  • 54 Djoun // Avr 26, 2009 at 3:27

    J’habite à La Réunion et le mélange se fait des deux cotés : les zoreys intègrent des vocables créoles dans leur parlé quotidien et les créoles parlent de plus en plus français. Le créole lontan se perd. Le créole a perdu beaucoup de sa richesse car c’est une langue très imagée. Malheureusement le nombre de mots utilisés maintenant s’est considérablement restreint au contact des zoreys et du boum des outils de communication Je trouve que les jeunes générations ont dû mal a exprimer une notion complexe. C’est grave mais c’est un constat que je pense réel. Donc l’apport d’une langue extérieure dans une autre semble se faire par la perte de la richesse de celles-ci. La langue est vivante, soit, mais n’est-elle pas en train de s’adapter très vite à notre style de vie : de plus en plus rapide et séquencée…

  • 55 Krokodilo // Avr 26, 2009 at 3:43

    Lorsqu’on habite ou travaille longtemps dans un pays, il est naturel d’apprendre la langue locale autant que possible, et tout aussi naturel d’oublier une partie de son français, d’ailleurs beaucoup de messages (= posts) sont dans cette situation. Le franglais entre français expatriés, oui, pourquoi pas, mais pourquoi en faire une règle applicable à tous ?
    En déduire qu’il faut abandonner sa langue, non : l’Italie utilise mouse, que nous avons heureusement traduit par souris ! Courriel est bâti sur un mot existant, phonétiquement joli et se prononce à la française, contrairement à meille-leu. Il faut faire vivre sa langue, et la défendre, faute de quoi on se retrouvera comme la Suède, à enseigner à l’université en anglais, tout en ayant perdu le vocabulaire technique.
    Votre article ignore superbement tous les enjeux de pouvoir qui se cachent derrière la lutte d’influence entre les langues. C’est l’avenir linguistique de l’UE qui est en jeu : aurons-nous une UE respectueuse de la diversité linguistique, plaçant les peuples et les langues sur un pied d’égalité ou bien une UE monolingue anglophone, qui procure déjà d’énormes avantages financiers, politiques et personnels à la GB ? N’avez-vous pas entendu parler du protocole de Londres où la France s’est couchée devant les intérêts anglosaxons, des petites annonces illégales réclamant des « native english speakers » , maintenant maquillées en « or same level » ? Pourquoi devrions-nous sacrifier des milliers d’heures à apprendre l’anglais, quand ceux-ci seraient dispensés de tout effort ?
    L’avenir, c’est une langue véhiculaire simple et efficace, où chacun ferait un effort voisin, l’espéranto. L’autre option, c’est l’UE à deux vitesses, où cohabiteraient deux classes sociales, les seigneurs native english, et la plèbe. avec ce type d’article, vous devancez les volontés du lobby anglophone, et propagez la propagande qui prétend l’anglais facile, alors que sa phonétique est unique au monde par son absence totale de règles. Votre vision d’une acculturation gentille entre langues est généreuse, mais très naïve : derrière des alibis culturels, c’est le fric et le pouvoir qui sont en jeu, comme depuis des siècles.

  • 56 leman // Avr 26, 2009 at 4:39

    Désolé mais il faut compter en Belge ou en Suisse, soixante dix ou quatre vingt dix ne veulent rien dire et sont sources de beaucoup d’erreurs de transcription. Donc on utilise toujours le « vieux » français, chaque dizaine doit commencer par son unité, septante, huitante et nonante. Sinon pourquoi dire cinquante et non pas quarante dix etc…

  • 57 agatha // Avr 26, 2009 at 5:33

    la premiere chose que je fais, sans m’en rendre compte, quand je sors du train avec ma valise de 200 kilos, c’est dire « sorry » ou « excuse me  » a tout va…et j’ai l’impression d’etre un etrangere chez moi…C’est terrible de voir a quel point mon vocabulaire , mon orthographe et (horreur), ma conjuguaison ont régriassé depuis que je vis a Londres. J’ai toujours voulu parler anglais, et j’ia fait des etudes d’anglais, et je parle tout correctement, pas d’accent… Ca fait , du coup, 6 ans que je suis integralement immergée dans la britanique…et j’adore ca…
    Mais le franglais, c’est du pure snobisme pour une masse de gens qui savent dire trois phrase…ca me fait marrer, franchement, et je ne le parle pas, meme si c’est un vrai effort de me remettre en mode « uniquement frnacais »…et desfois, je passe pour une snobinarde lorsque je parle anglais au telephone….les francais….
    ANYWAY….tres sympthique petit article….j’adore etre etrangere….i do truly love speaking British….
    SEEYA!!

  • 58 francois // Avr 26, 2009 at 5:49

    j ai vecu 3 ans en Irlande, 1 an en Angleterre, 2 ans a Gibraltar (ne riez pas)
    Et depuis 2 ans je suis a Madrid.
    Constat, comme je ne suis pas particulierement doue en langues, si je ne pratique pas regulierement
    le francais je le perd.

    Et quand je parle francais je ne peux m empecher de parler le Van Damme ou comme Victoria Abril
    Et ceci est beaucoup plus rapide que vous croyez.

    Il est capital de lire en francais.
    Et encore plus important de voir des films en francais ou d ecouter la radio.
    Par ailleurs il est drole de voir que certains mots ont disparu de mon francais ou de mon anglais

    Apres 2 ans vivant a Dublin, Je voulais du change (faire de la monnaie) et je cherchais une Cash Machine
    ou un ATM.
    Et plusieurs fois, on m a dit que je parlais bien français mais que j avais un accent etranger.
    Une chinoise parlant francais comme je parle anglais m a dit cela dans un restaurant … LOL
    Ou encore , un jeune me disant : Z’y va, M sieur, t’as pas vu le bus et moi de repondre What.
    Maintenant mon tic verbal est ¿Que?

    Pour ceux qui n ont jamais vraiment quitte leur France, leur Belgique ou leur Suisse natale, ne vous
    fourvoyez pas le fait de melanger les langues n est pas un effet de style mais
    simplement le fait de perdre son francais.

    Quand a renier les mots d origine anglaise en francais c est completement ridicule,
    5%/10% du francais vient de l anglais et il se dit que 30/40% de l anglais vient de la langue d oil
    Quand je recois un « mel » no tengo puta idea que es
    un mail (francais malle /malle poste) ou un courrier electronique oui
    Donc arretez d ecrire des aneries et de refranciser des mots a l origine qui sont francais.
    Pour votre culture linguiste : quatre vingts vient des celtes et des normands qui utilisaient la base vingt
    D ou l hopital des quinze vingts a Paris…
    Les anglais possedaient 20 schillings dans une livre pour la meme raison
    Soixante dix pour la meme raison : c est trois vints et dix en vieux francais

    all the best

  • 59 absta // Avr 26, 2009 at 5:57

    Je vis depuis 4 ans au Royaume-uni et je suis desole mais les Francais parlent de facon generale mal l’anglais (moi le premier). Il suffit de lire un roman en langue anglaise pour mesurer la pauvrete du vocabulaire que l’on utilise. Amusez vous a compter le nombres de mots, par page, dont vous ignorez le sens ou pour lesquels vous ne pouvez donner une definition precise …

    Quand je lis un rapport au travail, je sais au bout de 10 lignes si c’est un de mes compatriotes qui l’a ecrit. Meme si il vit depuis 5 ans en Angleterre.
    Cela m’insuporte de les entendre se la peter en repetant des expressions toutes faites, vides de sens.
    La cerise sur le gateau, ce sont les Francais vivant sur le sol francais et qui pensent maitriser l’anglais car ils l’utilisent au travail.
    C’est tout simplement insuportable.

  • 60 Orlith // Avr 26, 2009 at 6:29

    Curieuses réactions que celles que je viens de lire…

    Quand j’étais au lycée, en Littéraire avec Anglais, Espagnol et Russe, et mon amie Japonais au lieu de Russe, nous nous amusions à mélanger toutes ces langues, laissant venir la première langue qui nous venait à l’esprit. Ce n’était pas de la paresse, plutôt un jeu stimulant. Je regrette d’ailleurs de ne pouvoir continuer ce petit jeu qu’avec quelques rares initiés, sous peine qu’on me taxe de me la pêter -_-‘

    D’autre part, étant une grande joueuse de jeux on-line et ancienne informaticienne, j’utilise pas mal de mots que tout le monde dans ce milieu francise : que je downloade un programme ou que je le télécharge, quelle différence ? Le tout est d’adapter son registre de langue à l’auditeur, et il me semble que personne ici n’a reconnu qu’il en était incapable. Tout comme on utilise un certain registre de langue quand on écrit une lettre de motivation qu’on n’utilisera pas avec ses amis, je n’utiliserai pas les quelques mots de breton qui ont baigné mon enfance avec des gens qui ne partagent pas cette culture si je veux me faire comprendre d’eux.

    Cela me rappelle la réflexion d’un de mes profs une fois que j’avais inventé un mot : il m’a écrit en gros en rouge : « barbarisme !!! »… ok, alors quand c’est Rimbaud qui invente, c’est un néologisme, quand c’est moi c’est un barbarisme ? Halte au snosbisme linguistique !Laissez moi jouer avec ma langue (tttttt ! pas de commentaire salace ^^), lui adjoindre des mots d’une autre langue, la transformer (si peu), l’assouplir au gré de mes envies : je sais la tenir à carreaux quand il le faut.

    Le cerveau est plastique, et l’important est d’arriver à communiquer : qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

  • 61 Aleks // Avr 26, 2009 at 7:49

    Mélanger 2 langues, ça peut s’appeler aussi parler un « idiolecte » (et ce n’est pas une insulte) !
    Dans mon cas, comme je baigne pas mal dans l’espéranto, je pratique beaucoup le « franto », mélange de français et d’espéranto.

  • 62 J // Avr 26, 2009 at 7:59

    Je ne me reconnais pas du tout. J’ai vécu les deux tiers de ma vie à l’étranger (principalement dans des pays anglophones) et ne suis revenu qu’il y a quelques mois à Paris. Pourtant je ne mélange jamais le français et l’anglais ni dans un sens ni dans l’autre.
    J’ai une hypothèse. Je pense que cela n’arrive que si l’on n’est pas bilingue à l’origine et qu’on apprend l’anglais très tard (après 15 ou 16 ans).
    Comme je le disais, je suis moi-même bilingue et je ne mélange jamais. Ni mon frère (bilingue également), ni mes neveux (trilingues). Ah, j’oubliais de préciser: l’anglais est ma 4e langue et je le parle avec un accent newyorkais, qui à un peu tourné au londonnien après une dizaine d’années passées au Royaume-Uni dernièrement.
    Quelqu’un d’autre est dans ce cas?

  • 63 Eusèbe // Avr 26, 2009 at 9:35

    À Anid

    « Il arrive régulièrement qu’on interdit de communiquer avec autre langue que le français même si c’est bénéfique  »

    C’est très curieux, car c’est exactement l’inverse au boulot pour moi (à l’université). Tout est fait en anglais, jusqu’au ridicule :

    -évidemment, toutes les publications sont en écrites anglais (publier en français est mal vu par la hiérarchie, voire source de conflits!!)

    -rapport entre français écrit en anglais,

    -courriels envoyés en anglais aux belges ou suisses francophones pour les programmes Erasmus (c’est soit disant l’Europe qui impose ça). Nous avons même des personnes du service international qui écrivent leurs courriels entre eux en anglais (ils sont tous français, évidemment).

    -Demande de budget aux fonctionnaires du ministère en anglais…

    Alors pour l’interdiction de communiquer avec une autre langue que le français, ça n’est sûrement pas à l’Université en tous cas : nous en sommes quasiment à la situation inverse!

  • 64 Pierre (Londres) // Avr 26, 2009 at 11:45

    La langue n’est qu’un outil, celui de l’expression de la pensee. Chacun-e a sa ou ses propres langues, c’est a dire une version sienne de La langue officielle. Elles s’enrichissent par interaction et, tant que cela ne nuit pas a la comprehension mutuelle, c’est plutot mieux comme ca non?
    Mon gamin n’a encore pas vu voir ‘la moon’ ce soir. Quelqu’un l’a-t-il vue au dessus de Londres recemment?

  • 65 Elfada // Avr 27, 2009 at 12:10

    Il y a trop de commentaires, je n’ai pas eu le temps de tout lire donc peut-être que mon intervention sera redondante.
    J’ai passé 6 mois à Montréal et le mélange d’anglais et de français et très courant chez les francophones (pas les anglophones qui méprisent les francophones).
    J’avais été très étonné d’entendre deux personnes se disputer dans la rue et l’une de dire à l’autre très naturellement : « Ferme ta fucking gueule »!
    J’avais trouvé l’innovation assez intéressante alors que cet usage est très naturel pour les canadiens francophones.

  • 66 Elodie // Avr 27, 2009 at 12:44

    Le franglais en France est parlé pas mal dans les milieux que j’appelle snobs, notamment dans certaines entreprises. Je lis parfois un performance assessement au lieu d’évaluation du rendement. J’excuse bien les Français qui arrivent de l’étranger et qui mettent du temps à se réadapter au français ou les Français qui utilisent des mots allemands ou anglais dans leur conversation parce qu’ils ont des référents culturels communs dans la langue étrangère. Ce n’est pas ça, à mon avis, qui menace le français. Je l’ai fait en mon temps quand je vivais en Scandinavie. Le bon côté de la chose, c’est de voir que les Français maîtrisent aussi la langue étrangère. Je déteste, par contre, quand je rentre en France et que j’entends certains « gens d’affaires » français entre eux parler le franglais avec un tas de mots anglais. Je les trouve prétentieux. Pour revenir à Montréal, dans la langue orale, il y a pas mal de mélange. La seule différence est que dans la langue écrite, on tolère mal les mots anglais. Je parle notamment des milieux universitaires qui refusent absolument dans les travaux écrits le franglais. Je trouve ça très bien. L’enjeu n’est pas le même en Amérique du Nord pour ne pas se faire « bouffer » par l’anglais. Personne dans ma famille en France ne parle le franglais, sauf pour les mots courants. Je trouve ça absolument prétentieux et ça me fait fuir! Encore une fois, ça ne concerne pas les gens ayant vécu à l’étranger.

  • 67 Ben // Avr 27, 2009 at 1:54

    At home, my partner and I speak a melange of Australian English, American English, Japanese and French. I think a lot of the anxiety around mixing accents and languages comes from the ancient prejudice against the cultural metisse. Are we polluted, confused, disloyal, fakers? I like this recent article by Zadie Smith about Obama: lire ici

  • 68 daniel // Avr 27, 2009 at 2:04

    j’ai passé 3 ans à Londres et je ne pense pas que l’Anglais soit plus précis que le Français.
    Effectivement avec un mot Anglais on peut exprimer ce qui nécessiterait une expression de plusieurs mots en Français. C’est valable uniquement à partir du moment ou vous savez dans quel domaine vous vous exprimez.
    Une personne donne l’exemple de top-up utilisé pour recharger sa carte téléphonique.
    Je ne pense pas qu’un anglais pensera à la carte téléphonique si vous lui dite seulement que vous allez top-uper,( verbe du 1er groupe).
    J’ai inventé 2 expressions en franglais lorsque je suis revenu en 1991, j’ai entendu une des 2 expressions la radio il n’y pas si longtemps.

    « J’y go », pour dire j’y vais en quittant le bureau pour une réunion ou une visite client.
    ou  » we s’y go ? » pour nous y allons, si nous partions à plusieurs.

    ps: le « you know  » utilisé comme ponctuation n’est pas anglais mais américain.

  • 69 oceane // Avr 27, 2009 at 2:08

    Toutes les langues évoluent, je pense au latin et au grec qui ont influencé en bien des façons les langues du pourtour de la méditerranée, et de façon plus générale l’empire romain.
    Peut être que dans quelques années toutes les langues du monde vont continuer a changer mais auront comme racine commune l’anglais.

    A mon sens le fond est bien plus important, et cette tendance a « randomly » placer des mots anglais dans une conversation en bon vieux français a montre que nous faisons l’effort d’apprendre une autre langue.

    Apres, peut être que certains adoptent cette diction parle que c’est cool, qu’ils ont l’air dans le coup, mais je peux vous assurer qu’après avoir vécu un certain temps a l’étranger, retrouver son français, n’est pas chose facile.
    Tout simplement parce qu’il y a des subtilités qui s’expriment mieux dans une langue que dans l’autre, mais aussi parce que certains mots viennent plus facilement en anglais qu’en français ou vice versa. Je me demande bien comment je disais « hang out » a l’époque ou j’habitait en france. On peut dire sortir, se voir, se retrouver, aller au ciné au resto, au café, en fonction des cas, mais la notion de hang out n’a pas vraiment d’équivalent en français. Parce que hang out n’est pas vraiment se voir mais plutôt être au même endroit au même moment et faire quelque chose (ou pas).
    Nous avons des références culturelles différentes qui se traduisent souvent dans le langage familier.
    L’humour francais et americain sont assez proches je trouve mais nous avons des references differentes en matière de blagues et autres plaisanteries, alors allez traduire « cassé !! » en anglais ou « that’s what she said » en francais. Expliquer a des camarades de classe americains (fellow high school students) quand dire cassé n’etait pas une chose facile et de même j’ai mis un certain temps avant de comprendre toutes les implications de « that’s what she said ». Alors aujourd’hui quand je discute avec bilingues francais anglais nous passons « casualy » (de facon décontractée ??) d’une langue a l’autre.
    Plus généralement lorsque l’on parle entre bilingues certains mots viennent plus naturellement dans une langue ou dans l’autre puisque certains termes dans une langue (ici l’anglais) se rapprochent plus d’une idée que l’ont veut exprimer que leur traduction française, et vice versa.
    Pour cette raison, je me dis qu’un mélange des deux langues permet un échange plus subtil et plus fluide puisque quand une notion est difficile a exprimer sans une longue paraphrase qui ne traduira pas la pensée parfaitement, on peut employer un mot de l’autre langue qui collera parfaitement a l’idée que l’on veut transmettre.

    Voilà, alors je vous donne l’exemple de randomly et random que je m’échine a traduire correctement depuis que je vis en Californie, comment traduire « he is so random », « this conversation was so random » quand je regarde dans le dictionnaire random est « au hasard » ou « aléatoire », mais ça ne convient pas du tout dans ces expressions. Je pense qu’innatendu est peut être un des mots qui expriment le mieux la notion de randomness, mais cela reste quand même très loin de la signification portée par ce terme. Alors jusqu’à ce que je trouve une traduction parfaite qui exprimera pleinement mon idée, je m’en tiendrais au random, qui que soit mon interlocuteur.

    Pour ce qui est des anyway, i mean, you see, look et autres tics de langage je comprends tout a fait qu’on ai du mal a se débarrasser d’eux. Ce sont des habitudes qu’on prend, comme dire « c’est clair, grave, carrément » ou « quoi » a la fin de chaque phrase ou bien pour les anglophones le terrible « like » et autre « totally » qui ne veulent pas partir une fois qu’on commence a les employer devenant des automatismes. Je doute fort arriver a me debarasser du « dude » ou de « effing » et autres exclamations, de même bien que vivant entourée d’anglophones je n’ai jamais reussi a arrêter de jurer en francais.

    Pour conclure, je dirais que le mélange des deux langues a du bon dans la mesure ou un spectre plus large d’idées peut être exprimé, mais cependant, un tel « mix » appauvri les deux langues si on perd la maîtrise de l’une ou de l’autre. Mon francais n’est plus aussi « pur » qu’avant et m’exprimer en termes rechercher m’est devenu difficile qu’avant puisque maintenant lorsque je butte sur un mot je passe automatiquement a l’anglais, mais cependant ma maîtrise de la langue de Shakespeare est loin d’être parfaite et n’égalera jamais celle d’un natif.

  • 70 Maxim depuis les US! // Avr 27, 2009 at 5:26

    THE TAMING OF THE SHFRENCH!
    Author: William JEXPIRE
    Language: Franglais
    Theme: The effect of ridiculous skills and roles on individual artificial happiness!
    Motifs: Disguise, Poor Frenchmen trapped in their own game: arrogance, auto-domestication, appearance, deception.
    Consequences: It is very difficult to distinguish between behavior that is being parodied and behavior that is presented as ideal! SOS!
    God has given you one face, and you make yourself another. (William Shakespeare)
    – Always be a first-rate version of yourself, instead of a second-rate version of somebody else. (Judy Garland)
    -We are so accustomed to disguise ourselves to others that in the end we become disguised to ourselves. (François Duc de La Rochefoucauld)

  • 71 Maxim depuis les US // Avr 27, 2009 at 5:40

    Almost every man wastes part of his life in attempts to display qualities which he does not possess, and to gain applause which he cannot keep. (Samuel Johnson, The Rambler, 1750)

    -Wherever you go, go with all your heart. (Confucius)

    -Let the world know you as you are, not as you think you should be, because sooner or later, if you are posing, you will forget the pose, and then where are you? (Fanny Brice)

    -Originality is… a by-product of sincerity. (Marianne Moore)

    -Almost all absurdity of conduct arises from the imitation of those whom we cannot resemble. (Samuel Johnson)

    -If you are ashamed to stand by your colors, you had better seek another flag. (Author Unknown)

  • 72 Frédérique // Avr 27, 2009 at 9:45

    Bonjour,
    Je rapporte ma petite expérience d’ancienne expatriée en Espagne pour ajouter que, selon moi, on perd vite cette habitude de mélange au retour en France (quelques mois tout au plus). Mais ce que l’on garde toujours, entre gens qui ont vécu la même expérience, ce sont les termes qui sont tellement meilleurs dans l’autre langue qu’en français. Ceux qui sont réellement intraduisibles sans perdre les nuances. Et ça, ça ne me dérange pas, je le considère plutôt comme un enrichissement.

  • 73 Mikeul // Avr 27, 2009 at 9:55

    Attention, le reproche de franglais que l’on fait l’est, à ma connaissance, rarement en direction des français habitant ou travaillant dans un pays anglosaxon, mais plutôt à ceux qui le pratiquent ici en France, sans aucune raison particulière, par mimétisme, par style ou snobisme (« Ã§a fait bien »).

    Cela a envahi les cercles de cadres, pour se mettre à la page, montrer qu’on est « in ».

    Et donc l’on entend, dans des entreprises purement franco-françaises, des phrases du genre :
    « on ne peut pas refaire le produit from scratch, de toute manière, on a d’autres choses dans le pipe, qu’on doit absolument faire asap. Et puis n’oublions pas que nous devons donner le go/no go du projet x. Il est on track. Au fait JP, t’as maintenant le lead sur le projet y ».

  • 74 Myriam // Avr 27, 2009 at 11:12

    Je suis française et je vis en israel.

    Etant membre d’une association internationale
    je dois écrire des lettres en anglais, mais je parle
    français à la maison et hébreu dehors.

    Quelqu’un a écrit:
    « Pratiquez régulièrement la traduction permet de bien séparer les deux langues »

    Depuis que je traduis, j’ai retrouvé une partie du vocabulaire que j’avais perdu.

    Par contre mes enfants ont plus de mal.
    Il sont nés en Israel. L’hébreu est leur
    langue maternelle à l’écrit mais à l’oral
    c’est le français.
    Le problème c’est qu’ils n’ont pas assez de vocubulaire en français.
    Et donc s’ils retournent de l’école et
    commencent à me parler cela ressemble
    à de l’hébreu matiné de français.

    Donc quand cela se produit, je leur dit de passer
    à l’hébreu.

    Ils apprennent aussi l’anglais et l’arabe.

    Mais là ils ne mélangent pas avec leurs
    deux premières langues.

    Parler et écrire corectement en français est très important pour moi.

    En Israel, l’apprentissage n’est pas encouragé
    dès la seconde les enfants peuvent passer
    leurs trois dernières années en apprenant uniquement l’anglais.

    Peur qu’ils ne s’embrouillent avec une autre
    langue étrangère plus tard? Meme s’ils apprennent l’arabe depuis le CM2 et le
    français ou le russe depuis la 5ème?

    Nous sommes un exemple pour nos enfants.
    C’est important de bien parler en français
    car elle est bien plus qu’une langue.

  • 75 Gaetan // Avr 27, 2009 at 11:48

    1,5 an en UK en depuis 3 ans aux Pays-Bas (Ou Nederland comme on dit).

    Moi mon gros problème, plutot que l’utilisation de mots étrangers, c’est l’accent.
    Comme cela a été décrit dans un autre post, quand je retourne en France, les gens que je ne connais pas pensent que je suis étranger, généralement soit anglais soit belge (Flamand).

    Ca fait toujours bizzare de rentre au pays et d’entendre « Tu parles très bien français, t’as appris où à parler comme ça? », on devient presque un étranger dans son propre pays.

  • 76 Marion // Avr 27, 2009 at 12:12

    Et bien comme Gatean, 1.5 an UK et 2ans et demi aux P-B et bien je parle très courament le franglais!
    Je traine quasiment qu’avec des français ici aux P-B, on parle tous comme ça car c’est plus facile!
    J’ai bien remarqué que j’ai tendance à prendre les mots courts anglais pour les remplacer par des mots voir phrases longues françaises!
    Exemple: check out ou « teach » une amie teach jusqu’à 10h voilà la phrase que je viens de sortir à mon copain.. (elle donne des cours de violons jusqu’à 10H… j’suis au travail j’ai pas le temps d’écrire tout ça!!).
    Mon copain est français et on parle tout le temps comme ça sans s’en rendre compte.. on fait un effort lorsqu’on est en France car les gens comprennent pas sinon ou l’interprête comme de la frime blablabla (j’pense c’est aussi une grosse part de jalousie car ils parlent pas anglais mais bon, ils ont raison dans lefond on parle très mal français!).

    Je n’insère jamais aucun mot de français lorsque je parle anglais.. bizarre mais tous les gens que je connais sont aussi comme ça!

    Bref en fait on se rend juste la vie plus facile et au final on oublie en effet un peu de notre vocabulaire français (mais ça revient vite hein faut juste réfléchir 2secondes!)

    Enfin, on se sent moins seul en lisant tout ça 🙂

  • 77 admin // Avr 27, 2009 at 12:23

    @ Marion. je me retrouve complètement dans ce que tu écris!

    En fait, mon post était orienté pour les français de l’étranger mais il est intéressant de voir les réactions et des autres. Je pense que j’aurais du mal à me détacher de ces si courants « check » ou « top up ». C »Ã©tait aussi le charme de la vie en Angleterre que de pouvoir vivre dans ce nomadisme linguistique, passant du français à l’anglais, cotoyant catalans, grecs etc…

    Y-a pas, j’adore être étranger !

  • 78 Pierre (Londres) // Avr 27, 2009 at 1:04

    Bon et ben les jeunes, je crois que Londres va lui manquer a notre hote… Certainement plus que son work environment in any case. Mais j’attends qu’il s’exprime sur son experience and whether working in Paris is that different from working here. Good day.

  • 79 Pierre (Londres) // Avr 27, 2009 at 1:07

    Pour le Business Franglais, se rapporter a ‘novlangue’ (new speak), idiome de type langue secrete cherchant souvent a cacher ses lacunes en anglais mais permettant d’exclure les non-inities.

  • 80 Moi. // Avr 27, 2009 at 2:37

    C’est la langue qui fait la culture et la culture qui fait la langue. Ainsi, l’anglais utilise le même verbe (to stuff) pour farcir et empailler. Le français est une langue rhétorique est est à ce titre 30% plus verbeuse que l’anglais ou l’américain. Elle permet néanmoins certaines nuances souvent peu faciles en anglais. Il existe beaucoup de mots français à la mode : on peut citer « déjà-vu » ; « un-je-ne-sais-quoi » ; « c’est-la-vie » ; « boutique » ; etc.

    Il n’y a pas à avoir peur du métissage des langues lorsque cela est naturel. C’est donc ce que l’on peut reprocher aux médias à mon avis : une espèce d’entêtement crasseux à vouloir parler anglais pour faire jeune. Ainsi l’on parle de « testing » de « busing » et autres… Ces mots créés de toutes pièces par une petite quantité de gens emprisonnés dans leur paraître et leur dialecte leur permettant de se créer une identité corporatiste et exclusive.

    Il faut ensuite laisser aux mots français le temps de s’installer. Ainsi il paraît aujourd’hui totalement normal de dire « le serveur de fichier » alors qu’il n’y a pas 10 ans, seul le terme « fileserver » était utilisé.

    Le parler franglais pour les personnes vivant ou ayant vécu en Angleterre est un tout autre problème.

    ps: la traduction française de « mail » est « courriel » ou « courrier électronique ». Mèl ne doit être utilisé que comme pour « Tèl » c’est-à-dire dans les cartes de visite et autres signatures de courriel (dixit l’Académie française). Courriel est un mot agréable à l’oreille, je trouve ; largement plus que mèl de toute façon.

  • 81 duchene // Avr 27, 2009 at 2:38

    Message pour Pierre (Londres)
    Au fait, a-t-on fin par t’expliquer d’ou vient l’expression « bon vent » ?
    Sinon c’est simple, c’est l’expression d’adieu dite en fin d’émission tous les vendredi du présentateur et producteur de l’émission « Thalassa » sur la mer sur la chaîne de télévision FR3 !!

  • 82 Evy De Londres // Avr 27, 2009 at 2:49

    « Paresse intellectuell ».
    En ce qui me concerne, c’est tout a fait ca.
    Avec mes amis francais de Londres, je ne fais aucun effort et mélange constamment les 2 langues.
    Mais lorsque je reviens a la maison, je dois avouer que c’est assez difficile pour moi de parler 100% francais. Je le fais…mais du coup c’est plus lent…
    Je moquais souvent de VanDamme et de Kamaro (« chanteur » canadien… »une femme like you »…vous connaissez?) mais aujourd’hui je suis comme eux.
    Oh j’ai oublié de vous dire que j’ai grandi dans un quartier populaire de Paris….
    Je vais donc boire le cawa (coffee) avec mes amis afin qu’ils me mettent au courant de tous les derniers makrellage (gossip en créole) et j’ai hate de rentrer afin de gouter au tiep (riz en wolof) de ma maman….etc etc etc….

    …sorry si vous trouvez des fautes d’orthographe dans mon texte ;-)…

  • 83 Ludo // Avr 27, 2009 at 2:54

    Vivant en Angleterre depuis 2 ans 1/2, j’ai aussi ce probleme de l’anglais s’immiscant dans mon francais.
    De meme, etant en collocation avec 2 italiens, je me surprends parfois a jurer et a blasphemer en italien ^^

  • 84 Lily // Avr 27, 2009 at 2:59

    Après deux ans à Londres, toutes mes phrases ont soit « By the way » soit « Anyway » et je « book » un ticket, je dis « Hi » « Bye Bye ».
    Et je suis souvent « Busy ».
    Mais ç’est surtout difficile lorsqu’il a fallut repasser des entretients en français la chance ç’est que je voulais absolument du bilingue, mais parfois vous cherchez tellement vos mots que ça donne l’impression que vous avez rien à dire à l’entretien.

  • 85 ROGER de rouyn (Québec) // Avr 27, 2009 at 3:05

    Les Québécois utilisent de nombreux mots anglais quand ils se parlent, mais l’usage veut que l’on bannisse cette pratique quand on écrit dans la langue de Molière. Il y ici, venant des ayatollahs de la langue,une anglophobie qui tourne souvent au ridicule. Les langues ne sont elles au fond que des sons codifiés pour communiquer et elles ont énormémemt évoluées depuis la nuit des temps.

  • 86 Christophe // Avr 27, 2009 at 3:20

    Et que faire quand comme dans ma petite famille, nous:
    Vivons aux Pays-Bas,
    Travaillons en Anglais (courant) et/ou en Neerlandais (presque courant),
    Communiquons avec nos filles en Francais/Neerlandais (elles sont nees au Pays-Bas, vont a la creche Neerlandaise, leur langue de predilection est donc le Neerlandais qu’elles pratiquent parfaitement)
    Je fini par ne plus savoir quelle langue je parle a quel moment…

  • 87 Eloise // Avr 27, 2009 at 5:16

    @ Daniel: « Je ne pense pas qu’un anglais pensera à la carte téléphonique si vous lui dite seulement que vous allez top-uper,( verbe du 1er groupe). »

    Bien sûr je n’utilisais pas ce sabir avec les Anglais, mais avec mes camarades Français. « Je dois top uper ma oyster / mon téléphone ». Je n’utilisais jamais le Français dans mon Anglais, pourtant je connaissais en majorité des Anglais bilingues ou tout du moins francophone.

    Et oui, les « néologismes » verbaux sont toujours du 1er groupe, tout comme les nouveaux verbes Anglais sont toujours réguliers: on cherche à se simplifier la vie !

    Comme beaucoup j’ai constaté qu’avec le temps (je suis rentrée depuis presque un an), je n’ai plus trop tendance à faire ce mélange, si je raconte une anecdote de ma vie à Londres, maintenant que je suis à nouveau dans le bain du Français, je dirais « re-créditer ma carte » par exemple, ou « remettre des sous ».

  • 88 Tugduald // Avr 27, 2009 at 6:03

    La difficulté que vous soulevez (s’il y en a une) ne peut pas s’appréhender à un seul niveau.
    D’abord, vous illustrez un cas (encore très minoritaire), celui du Français expatrié que son travail finit par obliger à penser en anglais. Que vous finissiez par parler une espèce de sabir-salade n’a rien d’étonnant. Je suis prêt à parier qu’un séjour prolongé à Montréal vous en guérirait rapidement. 😉
    Cela étant, je ne serais pas trop surpris non plus que le franglais que vous parlez à Londres avec d’autres Français ne soit pas pour vous un signe de reconnaissance entre « expats. Histoire d’être « dedans-dehors ».

    Le deuxième niveau est celui de l’efficacité professionnelle, jointe au surmenage et à la paresse. Il est bien connu que le vocabulaire anglais est beaucoup plus varié et précis que le français, langue qui doit recourir souvent à une périphrase, là où l’anglais ne mettra qu’un seul mot. Naguère, nous n’avons pas su traduire « riding coat », et nous avons fabriqué « redingote ». Aujourd’hui plus personne n’est assez motivé pour créer ainsi des mots nouveaux. Je ne trouve pas l’équivalent, je recrache brut de décoffrage. (Votre exemple avec « shift ».) Nous sommes apparemment devenus trop pressés pour prendre encore plaisir à jouer avec la langue, pur outil de communication pour 99 % d’entre nous. C’est comme ça que nous avalons des horreurs telles que « contrôler le feu », « nominé » (mode bénin) ou « retour ASAP please » (mode atroce). À la pelle.

    Dans un ordre d’idée voisin, il faut être dans la situation du Québécois pour résister à l’anglais comme s’il s’agissait de vie ou de mort. Au quotidien, vous n’allez pas traduire « multiplay », « bootstrap » ou « marketing », parce qu’on n’est pas là pour jouer les poètes, mais pour bosser.

    Elodie, plus haut, évoque en revanche un second niveau, qu’elle appelle snobisme et où je verrais plutôt une recherche de distinction. Quel joueur de golf ne sentirait pas ridicule s’il empoignait sa « canne » au lieu de son « golf » ? Mais si vous y réfléchissez bien, au nom de quoi, exactement ? Je ne suis personnellement pas loin de penser comme certains linguistes, qui voient dans l’usage du franglais un besoin de se poser, de s’affirmer, parce qu’on fond chez l’amateur de franglais, la maîtrise du français n’est en général pas très solide. C’est malheureux à constater, la déferlante actuelle du franglais coïncide avec une baisse très perceptible de la maîtrise du français à l’école. Et comme vous l’avez peut-être remarqué, il est rare que des personnes réellement bilingues parlent spontanément franglais. En tout cas, pourquoi dire « buzz » ou lieu de « rumeur » ? Parce qu’on est sur la Toile, et qu’il faut dire « buzz » ? Parce que « rumeur » est péjoratif, moins attirant ? Très souvent on parle franglais comme on sort son clope, pour avoir l’air « Ã  la redresse » (comme on disait dans les polars des années 50), par crainte d’être « franchouillard » (insulte suprême !), ou Dieu sait quoi.

    Mais qui peut dire sérieusement pourquoi il vaudrait mieux dire « best of » plutôt que florilège ? Florilège est beaucoup plus joli, et n’est pas plus long. Et pourquooi se hisser au « top des charts » plutôt qu’en tête des ventes ? (Ce qui est rigoureusement la même chose !) D’ailleurs, tout ça fluctue au gré des modes. Qui peut encore parler de « hit-parade » — sans déclencher des hurlements de rire, j’entends ? À ce niveau d’usage, le franglais n’est pas à craindre, car il passe comme la mode. Tout ce qu’on peut regretter à mon avis, c’est que les gens n’aiment pas assez leur langue, et qu’ils ne songent pas à prendre exemple sur les Québécois, qui déploient des trésors d’ingéniosité pour « franciser » tant qu’ils peuvent. Cela dit, le Français qui parle tous les jours de souris et d’ordinateur est beaucoup moins à plaindre que l’Allemand ou l’Italien (le pauvre, réduit à tripoter la com’piouterr).

    Par contre, là où vous avez sans doute raison de vous inquiéter, c’est lorsque vous vous surprenez à parler une langue déstructurée, sorte de raboutis de locutions qui n’ont de sens que « sur l’éperon du moment », comme on dit chez vous. En dehors de lire du Diderot à outrance, je ne vois pas de remède, sinon peut-être vous amuser à traduire systématiquement en français ce que vous venez de dire en angliche. Je parie qu’une fois sur deux vous serez surpris de voir que vous pouviez faire aussi court, aussi précis, et tout aussi harmonieux.

    Bonne chance.

  • 89 Morgan // Avr 27, 2009 at 7:24

    J’ai dû me demander pourquoi je ne mélange pas les deux langues. En partie, c’est sans doute parce que j’ai suivi une formation de traducteur, et le traducteur doit garder les deux langues à distance tout en trouvant des  »passerelles » de la langue source à la langue d’arrivée.

    Mais je pense qu’il y a une autre raison. J’adore et je respecte profondément ma propre langue (anglais) et j’ai essayé d’apporter le même degré de respect à la langue française. Bientôt, en parlant français, on se rend compte que si l’on soigne sa prononciation, c’est assez difficile de changer d’un langue à l’autre en mi phrase puisqu’il faut changer la forme de la bouche. Insérer un mot anglais prononcé à la française dans une phrase ne me semble respecter ni l’anglais ni français – l’anglais sonne français et le français sonne anglais.

    Par contre, quand je vais chez ma famille en Suisse, je cherche des mots allemands et le français arrive à chaque fois. Là, je fais du vrai yaourt! Heureusement, cela ne gène pas les Suisses…

  • 90 Matt // Avr 27, 2009 at 7:41

    Sans doute un autre débat, mais pour les expatriés en GB, vous avez sans doute constaté que les français ont souvent un anglais US à l’origine avec des « you know » et autres « allright? » etc… Ca surprend souvent mais ça vient certainement d’un apprentissage de la langue par le cinéma ou la télé américaine. Perso j’essaye de m’en détacher autant que possible, sans forcément chercher à sonner british parce que là ça devient comique pour les initiés (innit!). Bon, c’est un peu hors-sujet j’avoue.

  • 91 Morgan // Avr 27, 2009 at 9:14

    Quand Matt a écrit  »innit », je me suis rendu compte que je n’ai jamais entendu un Français faire les vraies  »question tags » qu’aiment tellement faire les Anglais et les Américains. Je parle des inversions comme:

    He wouldn’t do that, would he?
    It won’t, will it?

    ou couché au positif…

    He would do that, wouldn’t he?
    It will, won’t it?

    Ca fait très anglais (des deux côtés de l’étang)

  • 92 Maxim // Avr 27, 2009 at 9:33

    @Yorick (Québec) // avr 26, 2009 at 12:55

    Salut !

    Je vis depuis 4 ans dans LE pays très certainement le plus soumis par le passé et maintenant encore, notamment à Montréal, à l’invasion de la langue anglaise : le Québec. Et bien ici s’est développée une très très forte résistance à l’assimilation, et même s’ils ne résistent pas à la présence de quelques anglicismes (du style “party”), il est clair que les québécois sont les seuls vrais défenseurs actuels de la langue française ! A méditer en métropole !

    je vis depuis des lustres aux US. Je passe souvent pas mal de temps a Toronto, Montreal et Quebec la ville. C’EST VRAIMENT MAGNIQUE! LA RESISTANCE DONT VOUS PARLEZ EST TOUT SIMPLEMENT IMPRESSIONNANTE. Les Quebecois sont des gens admirables, sans complexe, humbles et tres accueillants. En tant que francais, j’ai eu une belle lecon de modestie, de simplicite, de fierte, de dignite et du sens de l’identite culturelle. Montreal a brillament su resister a la pression excercee par les flux de capitaux au profit de Toronto. Preuve que rester soi-meme n’est pas un handicap et ne se marchande pas. Les Quebecois ne se livreraient jamais a des jeux de complexes du bulbe et du gland. Toutes les langues evoluent, le nombre de mots francais utilises par les americains en est le plus bel example. J’aime l’anglais, je le parle au quotidien pas pas au point d’oublier d’ou je viens ou qui je suis. Que certains francais n’arrivent plus a faire la difference entre leur devant et leur derriere en moins de 3-4 ans du fait d’un petit sejour a l’etranger merite une serieuse meditation! Se ridiculiser au quotidien en massacrant la langue francaise fait apparemment beaucoup d’adeptes lorsqu’il s’agit de jouer a « L’homme qui a vu l’homme qui a vu Londres, Berlin ou Washington »! Si vous avez le malheur de vous retrouver avec des francais a l’etranger, ils essayent toujours de retablir leurs ridicules « shemas parigo-snobinard de speudo intellos » toujours en quete de differenciation. Les informaticiens ne savent meme plus dire »SAUVEGADER LES FICHIERS »! Ils vous sortent a la place, un jargon ridicule, tout ca pour paraitre intelligent! Le sejour d’un morceau de bois dans l’eau ne le transformera jamais en crocodile! A QUOI CELA SERT-IL DE MASSACRER LE FRANCAIS POUR MAL PARLER L’ANGLAIS? SI L’ON AIME VRAIMENT UNE LANGUE, ON LA PARLE CORRECTEMENT!

  • 93 admin // Avr 27, 2009 at 11:25

    @ Maxim. hey faut pas s’énerver comme ça 😉

  • 94 admin // Avr 27, 2009 at 11:29

    @ Morgan. c’est vrai que le « question tags » reste un exercice très difficile pour nombre de français (si j’en crois mon expérience). Il y a la théorie qui se comprend parfaitement et il y a ensuite l’habileté à ressortir ces jolies fins de phrase avec naturel.

    Par contre, j’ai le sentiment que c’est beaucoup plus british qu’américain? Me trompe-je ?

  • 95 Matt // Avr 28, 2009 at 1:44

    je crois qu’en américain c’est un certain registre de langue qui utilise le tag, le langage familier se contentera d’un « right? ».
    Le britannique l’emploira de manière différente (et plus ou moins correcte) selon le registre de langue.
    C’est vrai que c’est un exercice difficile pour un français, enfin à Birmingham, pour les accents les plus marqués, la plupart des phrases se terminent ainsi, ce qui laisse parfois penser que l’interlocuteur attend une réponse alors qu’il s’agit juste d’une façon de parler.

  • 96 maxim // Avr 28, 2009 at 5:23

    @admin // avr 27, 2009 at 11:25

     » Maxim. hey faut pas s’énerver comme ça 😉

    (desole pour le clavier qwerty)
    Je vous l’accorde! Vous avez raison! Faut pas s’enerver! J’ai pris une belle lecon de realisme socio-culturel au Quebec! On devrait en parler d’avantage en france. Pas mal de Quebecois parlent couramment l’anglais ce qui ne les empechent pas de rester simples, humbles et fiers de leur identite culturelle. il faut reconnaitre que ca devient de plus en plus ridicule de voir les jeunes expatries francais ( surtout en GB) massacrer leur propre langue, les consequences sont dramatiques, nous gavons nos jeunes de complexes inimaginables pour un pays dont la culture est riche et enviee de par le monde, alors qu’ils sont aussi capables que les jeunes anglais ou americains. On peut se faire des relations solides ici aux US par ce que l’on apporte de different, l’accent, la culture, la facon d’etre et le savoir faire acquis en france. J’ai beaucoup d’admiration pour les latinos a ce sujet. Pourquoi detruire ce que les autres adorent apprendre de Nous? Savez-vous combien de petits americains(nes) apprennent le francais depuis la maternelle? Nous ne sommes pas manchots. la langue de Moliere chantee par Brel, Brassens, Leo Ferre, Greco, Piaf, Aznavour, Gainsbourg, Nougarro, Dianne Dufresne, Charlebois et bien d’autres… merite plus de delicatesse! Celine Dion chante parfaitement en anglais. C’est beau, c’est magnifique, elle en a les capacites et le talent! Ce qui n’est pas le cas de la nouvelle vague d’artistes francais qui ne savent meme pas ce qu’ils disent en chantant en anglais, la copie ne vaudra jamais l’original. La culture francaise fait difficilement le poids face a la supremacie du bloc anglo-saxon des vedettes Uk & US(Hollywood propaganda), raison de plus pour la menager sans etre hermetique aux apports divers des autres cultures. Entre Parking et BACKUPER ou TOP UPER, FAIRE UN STANDUP????, LE PRIMETIME??? LA STARTUP???…… il y a une marge qui frise le ridicule. Que ceux qui massacrent la langue sachent qu’il y a des gens qui ne trouvent pas ca productif! Ca s’arrete la. Ils font ce qu’ils veulent, c’est leur droit! les publications de la finance internationale, internet, ses protocoles, les grandes societes informatiques, la research, la medecine, la science, le FMI, la banque mondiale, meme la BCE, penchent toutes en faveur de l’anglais. Nous aurons toujours des anglicismes dans notre langue, c’est normal, exigences professionnelles, manque d’equivalent en francais! Rien a voir avec le massacre de la langue orchestre par ceux qui ont vu l’homme qui a vu Londres! J’ai pas mal de potes a Londres, ils y sont depuis des annees, ils parlent correctement francais. J’ai du mal a comprendre le nouveau mal dont souffrent nos jeunes expats!

  • 97 jean-claude // Avr 28, 2009 at 8:37

    Je baigne moi aussi dans la langue anglais et éprouve parfois de la difficulté à barrer la route à un mot anglais qui me vient à l’esprit plus facilement. Si j’essaie de barrer la route c’est naturellement qu’il est parfaitement ridicule d’utiliser un mot anglais qui n’est pas connu de tous les locuteurs français. et de la dernière impolitesse.
    Pour les mots anglais très répandus chez nous, je les utilise sans complexe mais je ne trouve cela acceptable qu’à une condition: prononcer avec les phonèmes français! Utiliser le R anglais ou des diphtongues dans une phrase en français est gravement ridicule et en plus écarte les nombreux interlocuteurs qui n’ont qu’une connaissance livresque (ou webienne) de l’anglais et qui sont souvent obligés de faire répéter (les québécois ne font pas cela et je trouve qu’ils ont tort: outre la mochitude (ha!) il retardent l’intégration du mot anglais qu’ils utilisent (c’est-à-dire l’emprunt, le vol!) à notre bon vieux français.

    Car le véritable enjue est celui-là : l’assimilation! Plus nous piquons de mots aux Anglais plus nous sommes riches – à condition de franciser…
    Un dictionnaire standard français comprend environ 40.000 mots, son équivalent anglais quelque 80.000 words (et jusqu’à 600.000 pour le Oxford english) ! On a du chemin à refaire… J’ajoute encore que les anglais, qui n’ont pas de complexe de dominés, et pour cause!, utilisent des centaines de mots français tels quels (voir l’article List of french word used by english speakers de wikipedia-en) et des milliers de mots français anglicisés…

  • 98 Pumpkin // Avr 28, 2009 at 11:06

    @ Maxim:
    Qui parle d’oublier totalement sa langue? De « massacrer le francais »? Et de « mal parler l’anglais »? Il faut remettre les choses dans leur contexte. Quand on vit longtemps a l’étranger, il est normal que certains mots ou expressions viennent plus facilement dans l’autre langue. Quand on est avec d’autres expats dans le meme cas, il est donc « facile » ou « confortable » d’inclure certains mots anglais dans la conversation. Je le fais éhontément avec mes amis francais expats. Rien a voir avec du snobisme ou un besoin d’etre « in »… demander a ma copine prof si ca va avec sa « form class » (comment on traduit ca en francais? classe principale? ca n’est meme pas la meme chose) ou si ses Year 11 sont prets pour leur GCSE ne me choque pas…
    En revanche, si je suis en France, biensur que je fais un effort. Peu de gens dans ma famille parlent anglais, et je leur parle uniquement francais sans (trop de) probleme.
    Cela est probablement a différencier de la jeune génération francaise qui a grandi avec internet, baigné dans la culture UK/US, et qui utilise des mots anglais pour l’effet de style…

  • 99 ROGER de rouyn (Québec) // Avr 28, 2009 at 1:41

    Nous Québécois, prétendons être les Gaulois de la langue Française, pour la sauver de l’envahissante culture Anglo-saxonne devant l’indifférence de la Grande Gaule connue sous le nom de Métropole. Certains tombent carrément dans l’idolatrie bêbête et adore ce veau d’or comme nous adorions les icônes catholiques dans les années 40-50,avant la révolution dite tranquille. Pourtant, nous sommes très fortement influencés par cette culture venant des USA envers qui nous partageons des sentiments d’amour-haine.

  • 100 MOSTEFAOUI // Avr 28, 2009 at 4:00

    Il vous a fallu du temps pour comprendre ca/ Nous les Maghrebins, nous ulilisons ce melange non pas par amour mais par le fait que l’esprit fonctionne autrement que vous le croyez, alors ce cher ami qui a fait l’experience en Grande Bretagne, d’ailleurs la ou je vis actuellement, a absolument raison de le preciser puisque moi-meme j’ai du mal a construire des phrases completes en Arabe sans utiliser 20 a 30% de mots Anglais….Conclusion je trouve que c’est merveilleux. Peut etre que les Francais doivent se reveiller et s’adapter a la realite du monde. Mais attention au choc…….Un algerien a Londres

  • 101 Katrina // Avr 28, 2009 at 4:21

    Beaucoup d’observations pertinentes dans ce debat des intervenants de FiL. Beaucoup de certitudes que certains voudraient definitives aussi, d’un coté comme de l’autre d’une opinion divisée sur ce qui motive l’utilisation de terminologie Anglaise dans un contexte Francais.

    Chacun y allant de son point de vue, voici le mien: sans aller jusqu’a parler de paresse de la part de ceux qui parsement leur Francais d’Anglicismes, il y a tout du moins un manque de souplesse intellectuelle en evidence. Je suggere pour ma part que celle-ci ait ses sources soit dans le manque de pratique soit…il faut se l’avouer, dans une forme de paresse! Voila, c’est dit.

    Il fait beau jeu de pretendre que nombre de mots Anglais decrivent de facon plus precise, ou plus succinte des concepts que le Francais peinerait a depeindre sans s’appuyer sur une syntaxe toute de lourdeur et de verbiosité.

    Il n’en reste pas moins que ce n’est pas le vocabulaire seul qui dicte les bases de la traduction d’une idée d’une langue a une autre, la grammaire, la phonologie en general y trouvent aussi leur part.

    Parler d’avoir ‘un bon timing’, meme si le terme est maintenant repris ad lib dans la presse francaise, c’est facile lorsqu’on ne souhaite pas s’ennuyer a retourner la phrase et dire que ‘c’est arrive au bon moment’, ‘la synchronisation est parfaite’ etc.

    Pour revenir au sujet meme de l’article de FiL, c’est a dire les Francais de l’Etranger…Ce qui m’etonne le plus, c’est le manque de logique apparente dans la facon dont s’expriment nombre des Francais entendus ici et la a Londres.

    S’ils ont sans cesse recours a des termes empruntes a l’Anglais lorsqu’ils s’expriment dans leur langue maternelle sur le compte de de l’’aculturation’, de l’habitude, de la repetition de termes techniques au travail – ou du moins telles est les excuses invoquées – comme le soulignait plus haut Morgan, ils n’en adoptent pas pour autant ces tours de phrase typiquement anglosaxons qui sont le quotidien des Britanniques.

    Prenons par example l’emploi, tres frequent en Anglais et fort rare en Francais, de la forme passive.

    Lá ou un Britannique dira ’He was driven to the hospital’, le Francais choisira instinctivement ’on l’a conduit a l’hopital’ plutot qu’ ‘il a ete conduit a l’hopital’.

    On pourrait s’attendre a ce que ceux qui se targuent d’avoir vecu 3 ans a Londres et de s’y etre a tel point acclimates que leur Francais s’y soit mu en Franglais optent pour cette derniere forme, que nenni.

    De meme, comme le remarquait donc Morgan, les ‘tag questions’ sont absent(e)s du parler de la plupart des Francais Londoniens de mon experience. N’est-ce pas surprenant? J’entrecoupe mon Francais de ‘n’est-ce pas’ et de ‘pas vrai’ qui etonnent mes interlocuteurs. Autant que mes sorties du type ’j’ai ete informee’, ou pis encore ‘j’ai ete dit’…Ce n’est pas une question de concurrence, personne ne pretend etre plus doué que son compatriote a manier la langue Anglaise, mais se defendre de paresse intellectuelle lorsque les autres aspects de la connaissance de la langue Anglaise sont delaisses, ca sent la pirouette.

    La solution la plus simple: ne parler qu’en Anglais, y compris avec vos compatriotes a Londres. ‘Practice makes perfect’ et tout le monde s’epargne le ridicule, le ridiculous et le ridiculou-seuh.

  • 102 Pierre (Londres) // Avr 28, 2009 at 11:12

    duchene: Merci.
    Innit? Cela n’est pas anglais, c’est un pseudo tag qui vient de l’Hindi ‘Inni’ et le melange a eu lieu dans les communautes asiatiques et on a fini par le retrouver dans la serie TV (dont l’auteur vient de mourir) Goodness gracious me! des annees 90. C’est 1/3 isn’t it et 2/3 indien par l’intonation et inni.

  • 103 Pierre (Londres) // Avr 28, 2009 at 11:59

    Katrina et l’usage de la voie passive. 3 ans ou 20 ans n’y font rien, la voie passive n’est tout simplement pas utilisable dans autant de cas en francais qu’elle l’est en anglais, d’ou sa faible utilisation par les franc0-autochtones.

  • 104 Pierre (Londres) // Avr 29, 2009 at 12:04

    Bonsoir MOSTEFAOUI. Lorsque j’entendais mes ami-e-s arabophones a Lyon, une langue a laquelle je ne comprenais d’ailleurs rien, j’y attendais parfois des mots de francais. Tout simplement parce que les interlocuteurs se comprenaient mieux ainsi. Et pour repondre a Jean-Claude, ce mot anglais tu l’utiliserais avec moi sachant que je comprends les 2 langues, innit?

  • 105 Pierre (Londres) // Avr 29, 2009 at 12:08

    @ Admin: Faut pas s’enerver! Faut pas s’enever, faut pas s’enerver? Non mais sans blague, est-ce qu’on s’enerve? Et puis d’abord je m’enerve si je veux, sans blague! Mais non je suis pas enerve moi? Ah bon… Bon vent alors!

  • 106 Morgan // Avr 30, 2009 at 8:48

    Hi Pierre (Londres),

    Je ne savais pas que  »innit » n’était pas une façon de dire  »isn’t it ». Lorsque ma famille a déménagé à Londres, j’avais 10 ans et je l’y entendais pour la première fois. Il n’y avait pas vraiment de communauté asiatique à l’époque au sud de Londres, je m’étais donc persuadé que c’était du Cockney.

    Une petite devinette : j’avais dit à une fillette, arrivée récemment de France, à l’école maternelle où je travaille, qu’elle devrait me chercher si elle avait du mal à s’exprimer en anglais. Ce midi à la cour elle m’a posé sa première question.  »Comment dire…..? »

    C’était une question que vous vous êtes tous demandés, et il s’agit bien d’une lacune dans les coutumes anglaises….

    Any ideas? 🙂

  • 107 paul // Mai 1, 2009 at 2:08

    Pierre Bon vent, a mon sens serait farewell in English.
    Personnellement, au risque de me vanter, je suis parfait bilingue francais Anglais.
    Je suis ne en Coree du Sud maisj’ai ete adopte par des parent Britanniques expatrie en Belgique ou j’ai vecu de 1980 a 2003 (je suis ne en 79)
    J’ai fait mes etudes en francais, mes parents ayant decide de ne pas m’inscrire a la British School of Brussels, et je leur en suis reconnaissant.
    Je peux parler en Francais et penser en Anglais et vice versa mais je n’ai pas vaiment l’occasion de parer francais excepte lors de voyges en belgique. Je peux aussi me dbrouiller en Neerlandais.

  • 108 Pierre (Londres) // Mai 1, 2009 at 4:03

    Morgan, en fait ‘innit’ est une simplification de tous les tags anglais (quelque soit l’auxiliaire ou negatif/affirmatif) en un seul qui provient de l’Hindi ‘Inni’.

  • 109 Morgan // Mai 1, 2009 at 8:20

    Pierre, si tu fais une recherche sur le site de la bbc avec les mots  »It’s Hinglish » tu trouveras une autre explication.

     »And the dictionary [The Queen’s Hinglish] identifies how the ubiquitous « innit » was absorbed into British Asian speech via « haina » – a Hindi tag phrase, stuck on the sentences and meaning « is no? ».  »

  • 110 Pierre (Londres) // Mai 3, 2009 at 10:42

    Admin, je suis d’accord avec toi, que d’autres creent leur propre blog sur Londres et d’autres sujets comme ils le souhaitent et le gere comme ils l’entendent.

  • 111 Laurent-Paul // Mai 4, 2009 at 8:16

    Bonjour Londres !

    Une analyse ma foi très intéressante.
    Ayant fait des études de Français langue étrangère, j’ai déjà remarqué chez les autres, et ai été victime moi-même, de ce phénomène.

    C’est effectivement un des éléments de l’acculturation, mais pas le seul.

    Il ne faut certainement pas oublier le « snobisme » comme vous le dites (emblème identitaire) attaché à la pratique d’une langue. A ce titre, le français est dans une position de subordination à l’anglais. Disséminer des locutions anglaises quand on parle français peut être une forme de distinction social.

    On parle également « d’alternance codique », une une évolution naturelle lorsqu’on est en contact régulier avec une langue étrangère (naissance d’un bilinguisme plus équilibré).

    Des éléments de structure propres à l’anglais (ex : moins d’articles, formes adjectivales simplifiées) expliquent aussi ce phénomène.

    Bref, un sujet composite.

    En tous cas, tout à fait d’accord avec cette analyse.

  • 112 Morgan // Mai 4, 2009 at 10:29

    @ Laurent-Paul,

    Juste pour compliquer des choses un peu – comme si on en avait besoin! – ce côté snob se voit également en anglais. Saupoudrer son parler avec des mots français a le même effet. Pour les Anglais, utiliser des mots étrangers (français, latin, grec) signifie un niveau d’éducation élevé. French has a certain cachet!

    L’anglais est donc dans une position similaire de subordination. Le plus que l’on parle un anglais de base, le plus que l’on utilise des mots d’origine germanique. Dès que le registre monte, l’anglais se sert d’avantage de mots venus de la France. Cela se voit très clairement dans la langue écrite.

    Peut-être la différence entre l’anglais et le français a cet égard serait que l’anglais – depuis l’invasion des Normands – a toujours été une langue de greffe. En anglais, une vaste lexique de mots français s’appuie sur une grammaire et vocabulaire de germanique simplifiées. On fait les greffes plus facilement en anglais et on n’a pas peur que la langue en deviendrait menacée. Au contraire, cette habitude de piquer vos mots et les assimiler sans gène (après avoir enlevé le genre des noms, bien sûr!) donne l’anglais une grande capacité de s’adapter.

  • 113 JP from harrow // Mai 8, 2009 at 5:43

    C’est marrant que tu parles de ça parceque pour nous, étudiants français à londres, le franglais est totalement d’usage!

    entre les ‘faut que je top-up ma oyster/mon forfait’, et les ‘le prof a donné le feedback du coursework’?

    on se reconnait totalement dans ce que tu dis!

    pour ma part, je pense qu’il y a 2 niveaux dans le rapport des gens au langage (j’allais écrire language! lol)

    le premier niveau, celui qui vient pendant l’enfance, dans le cercle familial mais surtout à l’école, c’est celui de la langue propre, bien parlée, celle qui nous permet de nous faire comprendre, de participer à des débats ou des conversations en toute occasion
    je pense que ça représente à la fois une interface de base et aussi professionnelle, avec les autres;

    (bien sur il y a les écrivains, les journalistes et tout ça, pour qui c’est autre chose, pour eux c’est leur métier d’écrire)

    et puis il y a un deuxième niveau qui vient se superposer, qui n’annule pas le premier mais qui peut prendre de l’importance selon les cas, ce niveau là c’est celui de groupe culturel, de l’environnement proche, le langage avec les copains,( langage sms) langage parlé, qui représente la vie, au sein d’un groupe

    dans ce deuxième niveau, bien sur, la forme peut être beaucoup écorchée, mais comme tu le dis, l’information, le contenu restent

    donc à mon avis, l’important c’est de savoir faire la différence et de se concentrer sur faire passer l’info, dans tous les cas.

    Zemmour ne sera peut-être pas content, mais bon, on se passera de sa bénédiction…lol

    je suis sur qu’à ton retour en france, tu t’efforceras de remplacer le franglais par un bon français devant des recruteurs (ou meme ta femme! lol) à moins que ce recruteur vienne lui meme de londres ou de new-york!

    bravo pour ce blog et merci d’avoir partagé ton expérience avec nous

    bon retour en france! une nouvelle vie commence! enjoy! )

  • 114 alexandra // Mai 9, 2009 at 5:12

    rien que pour avoir passé deux mois à Los Angeles, j’avais moi aussi tendance à oublier des termes simples en français, et à trouver leur équivalent en anglais très très rapidement.
    c’est aussi sûrement très bon signe, et signifie qu’on a effectivement fait des progrès dans la langue…
    par contre, moi ce qui m’insupporte pas mal, c’est l’emploi de mots anglais pour faire cool et hype, chez ceux qui ne pourraient même pas tenir une conversation basique en anglais.
    je trouve ça parfois drôle, parfois beurk !!!
    sans parler de ces magazines féminins qui usent de termes anglais pour faire vendre crêmes amincissantes.

  • 115 Carles // Mai 12, 2009 at 12:05

    Ne culpabilisez donc pas, Français de Londres: les franco-italiens de Rome ont eux aussi leur langage que vous ne comprendriez pas, par exemple, « schiacher un pisolin ». Et les Libanais du Liban, vous les avez entendus mélanger les trois langues, tous les jours chez eux (français, anglais, arabe) ce qui donne par exemple: « Hi, kifak, ça va? » , « gibli le cadeau, dear », ou encore « merci ktir »?
    Donc ce qui est amusant, c’est que vous croyez être les seuls dans ce cas…et au fond c’est cela qui est plus inquiétant: comme tous les anglo-centrés, vous en avez oublié que le monde entier parle AUSSI d’autres langues.

  • 116 Roman Age // Mai 14, 2009 at 7:31

    Il faut aussi prendre en compte le fait que l’on ne dit simplement pas les mêmes choses en anglais et en français (ou vraissemblablement dans toute autre langue). Donc parfois quand le problème de traduction d’une expression se pose, du genre « take care », et qu’on se retrouve l’espace de quelques secondes désarmé parce qu’on ne trouve plus les mots en français, notre langue maternelle, il ne faut surtout pas lutter, car les mots en soi ne sont pas importants, c’est l’intention qui les accompage qui compte. Le « take care » est un signe d’affection, voila ce qui importe, alors que « prends-soin de toi » est plus un signe d’inquiétude…
    voila pourquoi un simple « bon bah à la prochaine » (et « rentre bien » si la personne s’en va) remplit parfaitement le rôle du « take care ».

  • 117 Linoa // Mai 15, 2009 at 4:06

    Je dirais oui, nous sommes tous devenus franglais ! Pas seulement les français en Angleterre ou autre pays anglophone, les « français en France » aussi !

    C’est la mode, un peu ridicule certes (mauvaise langue vous dites ?), mais c’est ainsi. Même les gens qui ne parlent que 2 mots d’anglais ont besoin de les sortir à un moment ou à un autre. Ca fait bien, paraît-il. Ah bon.

    Quant à nous, petits français vivant sous les nuages anglais, ça devient un réflexe. On ne retrouve plus le mot en français ? Maaaais c’est pas graaaaaave, on le sort en anglais (d’une manière parfaitement naturelle, d’ailleurs). Notre interlocuteur, également franglais évidemment, ne s’est même aperçu de rien.

    Pour le moment, j’essaye, je lutte pour ne pas me faire avoir… Je vaincrai ce franglais !!!!! Yes, I will ! (et m*****)

  • 118 Eusèbe // Mai 31, 2009 at 12:41

    @Roman Age, Dans le Nord ouest de la France, on dit facilement « Soigne toi bien! », par exemple « Allez ,à bientôt et « soigne toi bien » mais je l’entends assez peu ailleurs.
    La connotation est aussi affective…

    Une dernière remarque concernant « la précision de l’anglais » et le nombre de mots en anglais :n’oubliez pas que :
    1) l’anglais double les mots à cause de sa double origine, mais par ex quelle différence entre liberty (latin) et freedom (germanique)
    2) l’anglais élargit le champ sémantique : un même pouvant avoir beaucoup de traduction : le contexte et l’usage remplace la précision du mot français.L’anglais est une langue contextuelle : son apparente concision n’est en fait possible que contextuellement.
    Une expression française sera comprise seule, alors qu’en anglais vous aurez besoin du contexte (ex : « english teacher » (prof anglais ou prof d’anglais?), world trade center, etc.)

  • 119 Laurent // Juin 2, 2009 at 2:52

    Je vis depuis 11 ans à Amsterdam, je dois parler français et néerlandais pour mon travail, et à la maison notre langue principale est l’anglais. Mon français a très vite eu tendance à s’angliciser. Depuis que je m’investis beaucoup en néerlandais, c’est ce dernier qui s’est mis à polluer mon anglais et mon français.

    Le plus dur n’est pas le mélange des langues tant la plupart des gens ici parlent néerlandais, anglais et français, mais le fait de ne plus savoir en quelle langue l’autre parle: le temps de comprendre que c’est du néerlandais et paf! on a raté la moitié de la phrase.
    Le pire? En venir à prononcer des mots français avec un accent américain dans une autre langue. Dernier cas, terrible, j’en ai encore honte, « déjà-vu » prononcé « déjà-vooooo », et dans une phrase en néerlandais.

  • 120 Mathilde // Juin 6, 2009 at 11:49

    Post très intéressant.

    Je vis en Allemagne depuis bientôt deux ans. Je ne parle pas allemand mais je connais quelques mots de la vie courante.

    Je parle français et anglais avec mes collègues et avec mon ami.

    Du coup, parfois, c’est plus facile pour moi d’utiliser des mots allemands en anglais ou des mots anglais en français. Je trouvais que ça faisait snob avant d’être dans cette situation mais aujourd’hui, c’est surtout que c’est fatiguant de chercher ses mots aussi quand on parle (je suis traductrice et je passe déjà ma journée à chercher mes mots…!)

    Alors ça donne des choses dans le genre :

    ‘We can take the Ubahn » ou « S’il vous plaît let me know ».

    C’est sûr, c’est pas top mais parfois je n’ai pas envie de me casser la tête.

  • 121 moi // Juin 20, 2009 at 11:16

    ahpfff, moi je trouve ça très drôle! J’aimerai bien que cela m’arrive, T_T.

  • 122 T-A-M de Glédel // Oct 9, 2010 at 2:09

    La communication privée interpersonnelle ne pose pas de problème. L’important est de se faire comprendre de son interlocuteur. Et puis, si l’on ne se comprend pas, on se le dit, et une langue plus formelle et plus simple est utilisée.

    Ce basculement linguistique est plus gênant quand il s’agit d’une communication orale ou écrite destinée à un auditoire public francophone.
    Je suis scandalisé au point de ne plus fréquenter certaines radios ou journaux. C’est de la pédanterie, de l’outrecuidance qui tend, de mon point de vue, à l’abjection.

    Quand je vois tous ces concepts anglo-saxons, facilement traduisibles, qu’on nous assène. Pourquoi ? C’est plus compliqué et ça déséquilibre nos repères linguistiques…
    Moi, je rigole quand les français écrivent « challenge » et la prononce à l’anglaise. Ce sont les premiers à dire que le français est trop compliqué, mais ils rajoutent un ‘l’ inutile à un mot français qui existe depuis cinq siècles et adoptent une prononciation qui n’a rien à voir avec la graphie. Qui fait compliqué ici ? Mauvaise foi encore…

    Pareil pour les néologismes, certains sont manqués, mais combien d’emprunts sont ridicules et posent des difficultés à s’insérer dans les codes du français ? « Mail », super, cette graphie existe déjà et le mot ne veut pas dire « courrier électronique ». « Maile » serait acceptable en termes de prononciation mais étymologiquement, ça reste moyen même si cela vient du vieux français. « Email » est inepte, car on rajoute le problème de la prononciation du « E ».
    « Courriel » cumule toutes les qualités.

    Idem pour « leader »… Étymologie qui n’est pas dans la tradition du français, prononciation qui n’a rien à voir : « ea », « er »…
    En plus, on a de vieux mots français qui veulent dire la même chose et ne posent pas de problèmes : « chef », « cacique », « dirigeant », « meneur », « capitaine », « tête » ; qui s’emploient en plus dans des circonstances précises. Signe d’appauvrissement de la langue de l’employer à tord et à travers.

    De toute manière, l’anglais est à la mode parce qu’il est largement étudié. Dans 50 ans, il le sera moins en raison du rééquilibrage des puissances linguistiques.
    Le français pendant ce temps-là aura conservé la stabilité de ses phonèmes, de sa syntaxe, de son vocabulaire de base (beaucoup de néologismes s’imposeront) sauf si la francophonie décide de chambouler l’enseignement (pourquoi le ferait-elle ?)… Quand on s’intéresse à la linguistique, on voit que le français écrit est presque stable sur ces points depuis le XVe siècle. Seuls les jargons ont un peu changé. Alors la menace d’un éclatement du français, ce n’est possible que si les institutions (et elles sont nombreuses – 30 États et leurs succursales plus les associations) qui portent le français disparaissent. Pas demain la veille donc.

    Les anglicismes inadaptés aux caractéristiques du français péricliteront comme ceux des années 60-70 ont disparu. On aura d’autres emprunts.
    Reste que je me fais un malin plaisir à enrichir mon vocabulaire en français et à l’employer… J’ai la légitimité morale et constitutionnelle pour moi.

  • 123 ?????????????? // Fév 3, 2017 at 9:54

    ?????????????????????????????????

  • 124 Katherine // Jan 8, 2018 at 10:05

    Il y a des pour et des contre…il ne faut pas aller trop loin car chaque langue doit rester unique.

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