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Gordon Brown, prix nobel d’économie de crise

octobre 14th, 2008 · 17 Comments

 Il me semble qu’il y a eu une erreur de casting pour le Nobel cette année.  Comme vous le savez, c’est l’économiste et polémiste américain Paul Krugman qui a raflé la mise (les honneurs et 1 million d’euros). Mais en cette période de crise, j’avais un autre candidat : Gordon Brown.

 Il faut bien voir qu’au G7 du week-end dernier, tous les grands pays sont arrivés avec leurs idées pour résoudre la crise financière. Le Japon crânait un peu avec ses solutions adoptées à la fin des années 90, les USA plaidaient pour le cas par cas, l’Allemagne appelait à plus de souplesse, Paris faisait du bruit et Londres prônait l’intervention sur le marché interbancaire.

Au final, le lendemain à l’Eurogroupe, c’était la version UK qui remportait les suffrages. Et si la crise financière s’offre un petit break (merci d’éviter l’emballement après quelques jolies séances en bourse, la récession est toujours à notre porte), c’est probablement un peu grâce à lui.

Certes, il y a eu le plan Paulson, 700 milliards de dollars, ca n’est pas rien. Il y a eu les baisses de taux concertées des banques centrales mondiales (tiens, Jean-Claude Trichet est à l’écoute, son sonotone a probablement été rebranché), bonne idée pour montrer que les autorités mondiales se sentent concernées. Mais le cocktail de mesures fait de prises de participations étatiques et de mécanismes de garantie, c’est Gordon ! C’est en partie à ce plan de nationalisations partielles que l’on doit un certain retour de la « confiance » (je reste prudent avec l’utilisation de ce mot qui fait cruellement défaut sur les marchés actuellement et qui selon certains ne reviendra pas avant 4 à 5 ans…).

C’est à saluer parce que pour Londres, c’est une rupture avec la tradition thatchérienne du non-interventionnisme qui prévalait jusqu’ici en Angleterre (Northern Rock mis à part). L’état offre entre autres une injection par la banque d’Angleterre de 200 milliards de livres et une garantie des prêts interbancaires à hauteur de 250 milliards… Je vous passe les détails et les montants alloués aux banques en difficulté mais disons que garantir les prêts interbancaires reste une manière de redonner de l’air aux marchés. Quand les banques ne se prêtent plus entre elles, c’est l’asphyxie. C’était donc LE truc à tenter.

Of course, rien n’est parfait. Le plan Brown conjugué à la récession va obliger le gouvernement britannique à abandonner sa règle de plafonnement de la dette publique et en cas de problème, ce sont nous, contribuables UK qui passeront à la caisse… mais sans intervention de cette ampleur, le système se serait probablement cassé la gueule. C’est pas réparé pour toujours mais on a sauvé les meubles de l’entrée.

Reste que pour Brown, c’est un sacré retour en grâce. On le disait politiquement mort, torpillé par la presse britannique, malmené dans les sondages… Il en était réduit à faire des bisous à sa femme pendant des meetings politiques pour récupérer quelques points de popularité… Bref, tel un phénix borgne, il est aujourd’hui de retour.

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Tags: Editorial / POV · Finance / Money

17 responses so far ↓

  • 1 Laurent // Oct 14, 2008 at 9:32

    Gordon powa !!

  • 2 Vonric // Oct 14, 2008 at 11:32

    Loin de moi l’idée d’enlever du mérite aux décisions de Brown. Toutefois il faut reconnaître que cela fait un moment (en fait des la discussion du plan Paulson) que les économistes parlaient de la garantie interbancaire et de la recapitalisation des banques. Gordon Brown aura eu le mérite d’avoir vite compris qu’il n’y avait guère d’autre solution.

    L’autre remarque est que le Royaume Uni seul ne peut rien, et il a fallut que les pays de la zone euro mettent leur poids dans la balance pour que les marchés reprennent confiance. Cela devrait donner du grain a moudre aux eurosceptiques anglais !

  • 3 Gilles // Oct 15, 2008 at 5:10

    Et bien il semblerait d’ailleurs que le prix Nobel, le vrai, soit d’accord avec toi :
    http://www.nytimes.com/2008/10/13/opinion/13krugman.html?_r=1&oref=slogin

  • 4 Morgan // Oct 15, 2008 at 7:24

    Tout à fait d’accord, Vonric, que le R-U seul ne peut rien. Là, il faut saluer Nicolas Sarkozy d’avoir saisi la gravité de la situation et d’avoir recommandé le schéma britannique aux chefs de l’Eurozone, ce qui n’était pas évident.

    Pourtant les eurosceptiques ne se laisseront pas facilement convaincu. Ils vont se dire que la solution venait du R-U et pas de l’Eurozone.

  • 5 Anne // Oct 15, 2008 at 8:05

    Je suis actuellement à Paris et surprise de voir que le mérite dans toute les presse revient à Nicolas Sarkozy ????
    Admin vous qui pensez que cela permettrait à Gordon Brown de revenir, si vous étiez ici vous comprendrez que non, tout ceci n’est que le travail du « manager de l’Europe  » celui qui a réglé les deux crises importantes (Georgie) depuis son mandat à la tête de l’Europe.
    C’est à peine si on parle de l’entretien de Gordon Brow et du président français en marge de la réunion!!
    J’espère que les anglais ne font pas de campagnes de communication eux mais travaillent et agissent !
    d’autant plus qu’ils ne sont pas allés reprocher aux américains la responsabilité de cette crise ils ont simplement été réactifs et éfficaces!
    Ah ces anglais !!!

  • 6 Javi // Oct 15, 2008 at 9:46

    Désolé, je ne vois pas où Brown aurait pu mériter son Nobel: contrairement à Krugman, qui a fait partie de ceux qui ont anticipé les problèmes apportés par le boom de l’économie financière, Brown a encouragé la City dans son délire spéculatif jusqu’au dernier moment, en refusant toute régulation ou limites pour cette activité.
    Aujourd’hui, le RU est à mon avis très mal parti dans cette affaire, car une part importante de son PIB dépend directement de l’activité financière, laquelle est à mon sens durablement en panne. L’année qui vient sera instructive…

  • 7 Raphy // Oct 15, 2008 at 9:57

    Gordon Brown, n’a aucun merite a retourner sa veste, il a tout fait pour l’independance des banques et les privatisations lorsqu’il etait chancelier de l’echiquier et maintenant il se rend compte depuis la chute de Northern Rock que tout ceci etait du pipo et mettait en danger les economies et les retraites des employes. Les travaillistes et en particulier Gordon Brown se sont brules les ailes, ils se sont allies avec le monde de la finance en leur donnant un maximum de coudees franches via l’independance entre autre de la Banque d’Angleterre en echange du financement de leur parti par la City, le reste du financement etant venu d’une certaine presse conservatrice. Les travaillistes « New Labour » ont renie leurs valeurs et defendu la folie des marches financiers, dans certains cas se sont montres plus conservateurs que les conservateurs eux memes. Brown a juste fini le travail de sappe qu’avait commence Margaret Thatcher et Nigel Lawson. Il suffit de voir le marche de l’immobilier a Londres, le pire c’est que tout le monde s’est mis a speculer sur des biens immobiliers qui en realite ne valent pas un clou, en tous cas surement moins que les briques et le mortier (la salubrite de beaucoup de logements a Londres est tres limite, beaucoup de ruines victoriennes avec un petit replatrage pour maximiser les profits en reduisant les inverstissements). Les banques ont prete de l’argent fictif a tout va, il etait devenu tellement facile d’avoir un pret que les prix des logements ont gonfle de facon astronomique.
    De plus le Royaume Uni a completement demantele, et son agriculture et son industrie, en bref s’est debarrasse de sa reelle economie (a part l’armement).
    Brown en fait ete dans la continuite des gouvernements conservateurs, juste un peu de « rebranding » pour donner un coup de peinture a gauche (genre l’institution d’un salaire minimum pour plaire au veritables travaillistes). Non, Brown ne merite pas le prix Nobel d’economie, il faudrait plutot voir du cote des IgNobels en ce qui le concerne.

  • 8 Bigmouth // Oct 15, 2008 at 10:18

    Not sure, not sure…

  • 9 Face de Citron // Oct 15, 2008 at 1:44

    Les puissances occidentales ne s’ embarassent pas de préoccupations idéologiques quand le danger est à la porte. Elles ont des liens historiques qui les portent à prendre des virages inimaginables pour sauver leur peau. Que les leaders du Tiers Monde d’ Afrique et d’ Asie commencent à compter sur eux-mêmes pour résoudre leurs problèmes. Personne ne peut dire aujourd’ hui jusqu’ où ira cette crise, car même aux USA, il y a des familles entières qui vivent dans la rue

  • 10 spicyhotpot // Oct 15, 2008 at 2:44

    Ce qui est scandaleux dans l’histoire est que le couple Blair/Brown a creuse les deficits pendant les dix dernieres annees alors que le pays connaissait un periode de grande prosperite…

  • 11 Face de Citron // Oct 15, 2008 at 9:44

    Où se situe la Russie dans cette saga financière ? Poutine et son bras gauche Medvedev, je les trouve plutôt silencieux. Y a-t-il lieu de se réjouir de cette débandade du capitalisme keynésien qui porta jadis un coup fatal au communisme international? Les réserves de pétro-dollars russes pourrait en la circonstance leur servir pour leur emmener des amis .
    Je suis plutôt inquiet du silence de Moscou, tandis que tout le monde bouge pour trouver une solution à cette crise mondiale.

  • 12 admin // Oct 16, 2008 at 2:53

    @ FdC / il me semble avoir lu des trucs sur les russes ou comment Poutine et son « président » ont fait pression sur certains oligarques pour que ces derniers réinjectent des capitaux dans le système mais je ne trouve plus le papier… Avis aux lecteurs…

  • 13 Eric // Oct 17, 2008 at 5:41

    Comment les PME-PMI anglaises resistent elle à la crise ?
    En france, elles commencent à souffrir. Nombre d’entre elles ont prises des mesures de chômage technique et les baisses de commande sont légion.
    Est ce la même chose en GB ?

  • 14 Anis // Oct 27, 2008 at 12:42

    Marrant comme les médias des divers pays européens « soulignent » la réussite de leurs présidents respectifs; en angleterre Gordon Brown, en france sarko, en espagne zapatero…
    Ils congratulent tous leur présidents/ministres respectifs et laissent croire à la population qu’heureusement leur grand chef a pris les bonnes décisions pour sauver le monde.
    Ne plongez pas trop vite, la piscine manque d’eau…

  • 15 TitanUK // Oct 27, 2008 at 5:04

    Heuuuu…. les nationalisations des banques britanniques ce n’etait aps vraiment une idée mais une obligation : elles etaient en faillite. La solution francaise (pret à OAT+400bp eligible au fonds propres) est plus elegant !

    Allez reconnaissons à Gordon Brown au moins l’idée des garanties des prets interbancaires.

    M’enfin, il a quand mm été largement artisan de la bulle immo-financiere illusoire qui a permis la croissance de Londres au cours de ces 15 dernieres années. Il est juste qu’il s’occupe des degats aussi !!!

  • 16 delit d initie // Oct 30, 2008 at 12:29

    @ eric
    à mon niveau je constate que les pme pmi françaises se portent très bien en ce moment, c’est d’ailleurs assez surprenant de voir à quel point!

  • 17 christine // Déc 2, 2008 at 6:11

    yes of course, j’ ai vecu 17 ans an angleterre et je je crois qu’ il vont faire fasse a la crise (il l’ ont tjrs fait ) lundi la tva tombe a 15 pour cent super pour les business? en cas de crise l’angleterre c’en est sorti. Encore plus forte apres …. I love you all and miss you…

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