La presse française vous manque ? C’est parfois difficile de trouver son magazine préféré quand on habite à l’étranger… Les Inrocks, Première, Cosmopolitain, L’Express, Marianne ou le Canard Enchainé. Idem pour la presse pour enfant !! Où trouver un bon vieux “J’aime lire” ?!
C’est pourquoi “French in London” s’associe à l’association Uni-Presse qui propose des abonnements à bas prix sur plus de 650 titres de la presse française. Des journaux et magazines directement envoyés chez vous !
Comment en profitez ? cliquez sur la bannière ci-dessous et faites votre choix!
Faut-il partir à l’étranger pour réussir ? Oui ? Non ? Peut-être… ? Quoi qu’il en soit, un récent sondage montre que près de 80% des étudiants et des jeunes diplômés en finance sont ouverts aux opportunités de carrière à l’étranger. Sans surprise, Londres est leur destination préférée !
Londres resterait donc un eldorado pour jeunes traders en bourse (mais pas que!!)… Et pourtant, la crise est passée par là. La recherche d’un stage serait assez difficile et trouver un boulot l’est encore plus. Mais Londres garde cet aura magnifique…
Est-ce le moment de revenir à Londres ?
Derrière ce constat, une question : est-ce le moment de revenir à Londres ? Je ne parle pas pour moi mais j’ai remarqué que depuis plusieurs semaines, je suis contacté de plus en plus par des gens qui veulent des infos sur Londres. Comment s’installer à Londres? comment travailler à Londres? Comme si le mouvement était relancé…
Et puis il y a les visites de ce blog qui repartent en hausse. Et les mots clés des recherches ne peuvent mentir : de plus en plus de gens veulent savoir comment devenir un Français à Londres. C’est comme si la crise était déjà oubliée. Enfin il y a ces potes qui retournent réellement s’installer outre-manche. Ceux qui après un détour parisien ont retrouvé du boulot à Londres. La liste s’allonge…
France-UK : le clash ?
Il faut dire que d’une manière générale, n’oublions pas que les opportunités sont souvent plus enrichissantes dans un système anglo-saxon où l’expérience prime sur les diplômes, où la couleur de peau n’est pas un handicap comme c’est encore trop souvent le cas en France…
Bref, Londres a des atouts et il semble que de plus en plus de Français veuillent à nouveau en profiter… Est-ce votre cas ? Vous avez des bons plans ? Témoignez-ici !
Vous rêvez de passer un week-end à Londres mais vous ne savez pas pourquoi ? Vous cherchez un “Londres pas cher” ? Un Londres insolite ? un Londres branché ? Camden Town, Banksy, Jack l’Eventreur, Brick Lane, Tate Modern, Notting Hill, des comédies musicales… il y a 1000 raisons de venir à Londres. Retrouvez le top 20 dans ce diaporama pour Orange !
Et vous, quels sont vos coins préférés à Londres ?!
Je n’ai jamais trop compris les gens qui voyaient dans Londres une cité tourbillonnante où l’être humain était broyé dans un monde hostile… car pour moi, Londres a toujours été une ville plutôt détendue. J’ai d’ailleurs toujours considéré les londoniens comme incroyablement plus “zen” que les parisiens. Passez donc quelques jours outre-manche et vous verrez !! Suivez le guide !
L’arrivée en Eurostar à St-Pancras est à l’image de cela. Après quelques minutes dans le métro de Londres, vous pourrez découvrir un phénomène très particulier : si vous y bousculez quelqu’un, cette personne risque de se retourner calmement et de… s’excuser elle-même.
(Attention cependant, cette théorie ne fonctionne pas partout. Un samedi après-midi sur Oxford Street ressemblera plus à un séance de “Koh Lanta” qu’à une session au spa. Évitez particulièrement le quartier de Regent’s Street pour le shopping Noël. Certains n’en sont pas revenus…)
A Londres, fuyez la foule!
Le plus simple est de profiter des magnifiques parcs de la ville. Le fabuleux Regent’s Park ou le très joli Hyde Park bordé d’hôtels plutôt chics et sympas.
Mieux encore, pourquoi ne pas flâner le long du Canal de Shoreditch. Un petit brunch dans la charmante petite rue de Broadway market et vous verrez, à part quelques joggeurs, personne ne court ici. Personne ne s’énerve. On est relax. On pèche dans le Canal avec les buildings de la City au loin (cf photo). On est loin de la fureur du centre ville.
Quelques rayons de soleil plus loin, vous pourrez peut-être découvrir le fameux Flower Market dont la légende reste entière.
What else ?! une pinte évidemment!
Votre journée détente pourra tout aussi bien se terminer autour d’une pinte dans un local pub puis d’un petit resto indien de Brick Lane. Méfiez-vous des rabatteurs et préférez les restaurants “BYOB” où vous pouvez apporter votre bouteille de vin (”bring your own booze”).
Videz quelques verres sur Brick Lane, allez danser au 93 feets et avant de partir, n’oubliez pas un bagel au numéro 159. C’est ouvert 24h sur 24 et c’est tout simplement mythique !!
Bref, après tout ça, si vous trouvez encore que Londres est encore une ville de fou…
[ C'était il y a un an. Mon aventure londonienne prenait fin de manière un peu brutale. La crise tout ça... C'était la fin de 2 ans et demi au cœur de la City à observer Londres, cette ville si particulière, à part. Depuis, la roue a tourné. Je suis rentré en France. Après une période en freelance, quelques déboires administratifs avec Pole Emploi, j'ai retrouvé un job à Paris. Bref, life goes on, plutôt bien d'ailleurs et je tenais à faire ce petit clin d'oeil, un an après.]
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Bip… Mais enfin, pourquoi ça ne marche pas ? Biip again… Je suis coincé aux portillons du métro sans pouvoir rentrer. Biiip… A une heure d’affluence, ça la fout mal. Biiiip… Je sens que le flot de commuters est en suspens, coupé net dans son élan à cause de moi. Biiiiiiiiiip… Zut, le Monsieur qui garde les portes d’accès se rapproche de moi…
Rien n’y fait… ou peut-être?! Ah oui, désolé, j’essaie depuis une minute de valider mon pass du boulot à la place de ma Oyster Card (le navigo londonien). Regard embarrassé. Où avais-je la tête?!
Peut-être pensais-je au rendez-vous qui allait suivre, mon tête-à-tête avec un avocat pour examiner … [ lire la suite ]
Petite pensée à tous ceux qui ont été bloqués dans l’Eurostar ces dernières heures. Je me souviens aussi de quelques sombres traversées qui rappellent une fois encore que l’Angleterre est bien une ile…
3e jour sans Eurostar. Aux dernières nouvelles, mêmes les réservations sont suspendues. Les politiques s’en mèlent. Guillaume Pépy est reçu à l’Elysée… Bref, bon courage à ceux qui souhaitent rentrer pour les fêtes.
Pour suivre les dernières infos, consultez le site EUROSTAR ou les commentaires de ce post !
Voilà, je crois qu’il est temps de refermer ce blog. Il aura marqué mes années Londres. Peut-être même aura-t-il été témoin des dernières années du Londres “finance”. Qui sait ?! La nouvelle ère sera-t-elle seulement différente ?
J’ai commencé à écrire ces mots sur le bateau qui quittait Douvres. Dernier aller-retour Paris-Londres que j’ai voulu en voiture et en ferry. Lassé de l’Eurostar? Peut-être. Mais surtout, il me fallait probablement cette coupure, cette route, la M20 depuis Londres, l’attente, l’embarquement sur le ferry, et cette atmosphère de pause avant de m’investir ailleurs. Autrement.
Le ferry garde ce charme désuet. L’attente a du bon. Mon impatience virtuose en prend un coup, ça n’est pas plus mal. Et puis voyager au milieu des routiers, des bus de collégiens et des retraités scotchés aux duty free et aux machines à sous, ça permet de ne pas oublier que la vie ne se résume pas aux paillettes éphémères de La City.
Ci-ty, ton univers impitoyaaaaable
Je crois qu’une des choses que je garderai de Londres, c’est mon intrusion dans ce monde si particulier de la finance. Palpitant. Grisant. Attention, je n’étais pas trader, je n’ai jamais joué ni gagné des millions mais j’ai baigné dans ce monde qui brasse des milliards. Et à parler de gros chiffres toute la journée, je réalise qu’il est facile d’en perdre la valeur.
Il faut une bonne dose de recul (et certainement un entourage déconnecté de ces questions) pour garder un peu les pieds sur terre. On en viendrait presque à légitimer les bonus déments, les crédits refusés et autres petites perversions de notre économie financiarisée.
Alors oui, il est temps de refermer ce blog et de rentrer. Une flopée de mes collègues ont fait ou vont faire la même chose. Rentrer dans leur pays: France, Espagne, Italie… comme si finalement nous étions un certain nombre à attendre ce licenciement pour aller vers autre chose. Ailleurs.
Mind the gap between the train and the platform
Fondamentalement, la rapidité des départs des uns et des autres montre peut-être aussi à quel point Londres et la Grande-Bretagne n’ont jamais été pensés dans notre cas comme un asile de long terme. Peut-être pas si loin de ces séjours estudiantins à l’étranger où on vit en sursis, profitant plus que s’intégrant réellement.
C’est la différence que je fais entre “expatrié” et “immigré”. Le projet. Le long terme. La volonté de s’installer, tout simplement. Notre mode de vie avait ses limites. Il est possible qu’après deux ans et demi, ces limites aient été atteintes. Un projet de vie a besoin de plus qu’un travail et qu’un certain confort financier. Ceux qui vous disent le contraire feraient mieux de rester un peu moins tard au boulot le soir.
Restent les souvenirs et la nostalgie instantanée. Il est difficile de tirer un trait sur plusieurs années baignées dans une culture et une ville comme Londres… Il me faudrait plus que ce blog pour énumérer les milliers de choses que j’ai adorées à Londres. Tous ces détails du quotidien, toutes ces couleurs, ces atmosphères, ces gens croisés, ces expériences…
Reprendre une vie normale
Dans l’Auberge espagnole, Romain Duris parle de Barcelone, la nouvelle ville où il arrive. Il parle de ces rues et de ces perspectives que bientôt il connaitra, il maitrisera. Après deux ans et demi à Londres, j’aurais envie d’aller encore au delà de bien des rues, de bien des perspectives de cette ville incroyable. Un auteur britannique disait d’ailleurs « Londres offre tout ce que la vie peut offrir et quand un homme est las de Londres, il est las de la vie ». J’aurais encore de la marge.
Quitter Londres ? Quitter l’étranger ? Voilà une étrange pensée. Il est temps de quitter le “london network” sur facebook. Il est temps de virer sa oyster card de son portefeuille. Il est temps de reprendre une vie normale.
La vie d’expatrié a cet avantage de vous rendre un peu singulier dans un environnement différent. Il est temps de rentrer un peu plus dans le rang. Voilà peut-être pourquoi j’ai un peu trainé à écrire ce dernier post.
Thank you very much.
Alors, ce blog. Comme je l’avais annoncé, je vais le laisser en ligne mais il n’y aura plus de nouveaux posts. Je vous invite néanmoins à refaire un tour dans les archives. Certaines me collent toujours au corps (au cœur et encore).
Bref, merci à tous ceux qui tout au long de ces deux ans et demi ont permis à ce blog d’exister, de grandir, de fédérer parfois et d’opposer aussi. Merci à ceux qui ont souvent commenté, avec sincérité et force. Cédric, Morgan, Elodie, Yorgos et ses potes, réactionnaire, Arnaud et tous les autres.
Merci à Marie-Do pour ses relectures patientes. A l’équipe de Libé. Merci à Boris pour la mise en expo des photos de ce blog et j’en oublie. A tous, à bientôt ici ou ailleurs !
Petit détail pratique avant de quitter l’Angleterre… Que faire de ses livres sterling ?! Je veux dire, que faire avec une monnaie qui a perdu le tiers de sa valeur en un peu plus de deux ans. A mon arrivée, on échangeait une livre contre 1€48. Aujourd’hui, on est péniblement autour de 1€10. Certains parlent encore de parité euro-pound….
Il est vrai que pour qui passe sa vie en Grande-Bretagne, la chute de la livre n’a pas franchement d’impact. Mais si le sujet a été régulièrement abordé sur French in London, c’est que pour ceux qui voyagent beaucoup hors-zone pound, le pouvoir d’achat en a pris un sérieux coup.
Exemple pratique: vous avez un petit bas de laine de £1.000 (youhou!!). Au 19 janvier 2007, vos économies représentaient 1.526 euros. Au 13 mai 2009, elles ne valaient plus que 1.111 euros!! Soit une différence de plus de 400€!! Alors quels sont vos “trucs” pour ne pas y perdre au change (au propre comme au figuré) ? Voilà quelques idées.
Système D. / Système Devise
Il faut d’abord être prudent. Car quand on regarde les taux de change sur internet ou sur telle ou telle chaine financière, on voit le taux du marché monétaire. Pour faire simple : le taux officiel. Ce taux n’a rien à voir avec celui que vous aurez dans votre bureau de change.
Les commissions et autres frais font rapidement chuter les taux effectifs. Par exemple, à la Barclays où je suis, quand vous voyez £1=1€12 sur le marché, eux vous proposent… £1=1€06. Ça ne paraît pas dramatique comme différence mais multipliez ça par plusieurs centaines de livres et ça vous coupera l’envie d’acheter des euros.
Il faut donc s’organiser pour éviter lesdites commissions. Ces derniers mois, j’étais devenu spécialiste de l’import-export familial. Une pratique un peu compliquée, voire super-laborieuse mais qui me permettait de gagner des euros sur mes comptes français sans trop y perdre en commissions lors du change.
En fait, j’étais devenu le cousin d’Amérique qui, à l’époque, revenait les bras chargés de Levi’s et autres polos tant ils coûtaient moins chers aux USA. J’achetais en UK des articles souvent bradés (récession et soldes obligent) comme du matos photo, des fringues ou du matériel de bricolage (?!!!!!!). Je les revendais au taux du marché en France contre des euros. Laborieux je vous le disais, efficacité assez limitée. Bref, c’était plus pour le fun.
Traditionnels bureaux de change
Une solution évidemment plus simple consiste à faire le tour des bureaux de change. Il y en a autour des gares ou sur les grandes avenues. A Paris, j’avais trouvé des dollars pas trop chers du côté d’Opéra. A Londres, on m’a dit que le Mark’s and Spencer de Moorgate faisait des taux intéressants.
C’est bien mais encore faut-il avoir envie de se trimballer avec des liasses de billets. D’autant qu’encore une fois, vous n’échappez pas aux commissions. Lisez bien les petites lignes des bureaux de change autour de l’Eurostar qui vous propose leur “commission free”. C’est souvent sur l’argent que vous rendez après un voyage qu’ils ne prennent pas de commissions… sur la petite monnaie quoi.
Les plateformes de forex
Reste des solutions plus adaptées, moins fatigantes et plus rentables. Je viens de tester une plateforme par internet qui offre du trading monétaire. Le principe : vous vous inscrivez sur le site et le jour où la Livre vous satisfait, vous appelez votre dealer, vous convenez d’un taux et quelques virements plus tard, vous recevez vos euros.
Ca parait simple. Mais bon, quand il s’agit de transférer de moyennes ou de grosses sommes, vous conviendrez que passer par un site web n’est pas le plus rassurant. J’ai suivi les conseils d’un pote de chez UBS qui l’avait déjà utilisé (voir plus d’infos ici) et honnêtement, jusqu’à recevoir mes euros 24h plus tard, j’ai gardé mes doigts bien bien croisés.
Le bon truc, c’est que si vous transférez plus de £5.000, vous ne payez aucune commission. Et plus vous transférez, plus vous pouvez négocier pour vous rapprocher du taux du marché. Pour le test, j’ai transféré £5.000 livres et j’ai eu un taux à 1€10 (contre 1€11 sur le marché au moment de la commande). Je ne doute pas qu’un type avec de vrais talents de banquier et un gros paquet de billets pourra obtenir mieux. A étudier.
Solution ultime : garder vos livres !!
Reste la solution la plus sage : ne pas toucher à ses livres sterling tant qu’on n’en a pas besoin. Attendre que ça remonte ! C’est ma position. Les livrets d’épargne n’étant pas si mauvais en Grande-Bretagne, il peut être intéressant de laisser ses quelques économies fructifier outre-Manche. En février, j’ai trouvé un livret à 6% à la Barclays, plafonné à £3.000. C’est déjà ça.
Vous pouvez aussi ouvrir un compte en livre sterling en France dans votre banque pour avoir vos fonds à dispo. Mais si ces comptes sont gratuits, je serais étonné qu’ils soient rémunérés. A quoi bon (d’autant qu’il faut faire attention, comme lorsqu´on fait un crédit à la consommation, aux taux de change appliqués par votre banque le jour où vous voudrez les convertir en euros) !
Il est possible que vous ayez d’autres techniques. Moins laborieuses. Plus rentables. Nos amis banquiers qui ont des comptes offshore ont peut-être d’autres solutions. Les gars, c’est le moment de balancer vos bons tuyaux !!
La scène se passe il y a quelques semaines. Je discute avec Stanislas. Comme moi, il est Français, il a moins de 30 ans et il habite à Londres. Lui est banquier. Avant Londres, il a vécu à New York et dans le Golfe. Il présente tous les stigmates du type sorti d’école de commerce qui commence sa carrière en fanfare dans la finance. Respect.
Un verre à la main, on parle de Londres, des quartiers que l’on préfère, des bars sympas etc… J’en viens à lui dire qu’un jour prochain, je rentrerai en France. Regard en coin. C’est là qu’il me sort en substance que jamais oh grand jamais il ne remettra les pieds dans l’Hexagone.
Ah bon? Oui, tu comprends, les impôts, les fonctionnaires, ce pays incapable de se remettre en question… Rien ne servait d’argumenter. Je m’en retournais remplir mon verre déjà plein.
French vs. French, le match
Le cas est à peine caricatural mais il reflète une petite partie de ces expatriés (immigrés?) pour qui la France reste le symbole de l’archaïsme étatisé. Le plus intéressant est que certains d’entre eux n’ont pas habité en France depuis plusieurs années ce qui, à n’en pas douter, leur offre une légitimité à peine biaisée à prendre position sur ces questions.
La France, ils en ont un souvenir aigre-doux entretenu par l’image relayée par les médias. Et voilà untel (en UK depuis 10 ans) qui s’improvise spécialiste des mouvements sociaux ou unetelle qui donne son avis sur des hommes politiques dont elle n’a jamais entendu un seul discours. Le cliché est trop tentant. Les Français sont forcément adeptes du moindre effort, des 35 heures, de la bureaucratie, etc…
Ainsi, ils sont nombreux à ne pas voir les réformes, les changements de mentalités… même deux ans de Sarkozy n’auront pas changé leur analyse…
La France de l’étranger, tu l’aimes ou tu la quittes !
Mais le Français de l’étranger n’est pas le seul dans ses clichés. Le Français de France est aussi très souvent installé dans sa certitude qu’un type qui a quitté la mère patrie est forcément (ou du moins en partie) un enfoiré.
Combien de fois sur ce site me suis-je pris des messages insultants de lecteurs aigris de savoir des Français installés ailleurs qu’en France. Combien de commentaires énervés voire haineux n’ai-je pas relevé?! Combien de “mais restez y à l’étranger”, “la France a-t-elle vraiment besoin des Français de l’étranger?” ,“on devrait vous retirer la nationalité française” … sans compter les messages de personnes se réjouissant de mon licenciement sous prétexte qu’habitant à Londres, j’étais forcément un banquier qui allait rentrer toucher des ASSEDIC en France sans y avoir cotisé…
C’est comme si pour certains Français de France, le Français de l’étranger était obligatoirement parti pour des raisons fiscales. Ou pour faire fortune. Ou les deux. Bref, la dimension sociale, affective, aventureuse, amoureuse ou même professionnelle ne semble pas lui traverser l’esprit.
Je pourrais passer des heures à exhumer ces clichés, glanés au fil des commentaires de French in London. Le Français de France révolutionnaire et le Français de l’étranger individualiste. La vérité, c’est que les incompréhensions de ces deux jumeaux assis dos à dos ne permettent pas/plus une réelle communication. J’ai des doutes sur le fait que ce blog ait seulement permis d’ouvrir des débats sereinement.
Pire qu’un match Paris-province
En tant qu’expatrié, j’ai toujours ressenti ces critiques comme profondément injustes d’un côté comme de l’autre. Être critiqué sur le simple fait d’être parti n’a pas beaucoup de sens, c’est la négation même de la liberté individuelle, de la libre circulation européenne, etc… Mais à l’inverse et malheureusement, j’ai toujours trouvé malsain ce besoin de certains expat’ de cracher sur leur vie passée pour mieux assumer la nouvelle. Celui qui reste est donc forcément un loser.
J’ai toujours aimé vivre en tant qu’étranger ailleurs (et j’espère y regoûter un jour) mais je n’ai jamais eu besoin de légitimer mes choix en dénigrant ceux des autres. Pour qui s’expatrie en conscience, quitter son pays est une forme de renoncement. Le grand saut vers autre chose. Alors oui, c’est évidemment plus simple de vivre à Londres qu’ailleurs, mais vivre loin de son lieu de naissance n’est pas un acte anodin. Pas la peine d’en rajouter avec des rivalités ridicules.
L’exil comme élixir de désamour ?
Quoi qu’il en soit, qu’on habite à des milliers de kilomètres ou pas, on sait que s’il est prolongé, l’exil joue un rôle de filtre. On fantasme son environnement passé et le fossé culturel se creuse. On stigmatise les défauts ancestraux (et présumés) des uns et des autres. De ceux qui sont restés et de ceux qui sont partis.
Cela peut, en partie, expliquer l’attitude de certains expat’. D’autant que ça n’a rien de franco-français. C’est un peu comme ces immigrés du Maghreb qui vivent en France dans une culture traditionnelle orthodoxe sans voir que dans leur propre pays d’origine, les coutumes se sont modernisées!
Bref, on ne mettra pas les gens obtus d’accord, qu’ils soient Français de France, de l’étranger ou d’ailleurs mais ce blog aura probablement cristallisé cette incompréhension réciproque et ce trait bien français qui est de râler et de donner des leçons. Ca manque de fraicheur, de recul et de bienveillance. L’ouverture d’esprit n’est définitivement pas la chose la mieux répartie…
A quelques semaines de mon retour définitif en France, il y a un mea culpa qui s’impose.Longtemps, je me suis gentiment moqué des Français qui passaient leur temps à mélanger le français et l’anglais pour vomir une espèce de langage personnel aux teintes de yaourt. Je réalise aujourd’hui qu’on y vient tous plus ou moins.
Il me semble que c’est difficile à envisager tant qu’on n’a pas vécu à l’étranger un bon moment. Mais à être baigné 24h/24 dans une langue et une autre culture, on en vient à penser dans la langue, à rêver dans la langue… Et les conversations du quotidien faites de “anyway… you know… sure thing… let’s meet ASAP…” s’infiltrent rapidement dans la langue d’origine. Selon moi, il ne faut pas excuser ce langage vicié parfois insupportable mais on peut essayer de comprendre son origine.
Le franglais comme signe d’acculturation ?
Alors, d’où vient cette propension à parler une troisième langue ? La facilité ? La paresse ? Le style ? Peut-être un peu des trois. Mais surtout, l’habitude. A parler anglais toute la journée, on en vient à avoir des mots anglais plus facilement en tête. Ça vient souvent plus vite, allez comprendre. Cela permet aussi de s’épargner le besoin de chercher le vocabulaire dans sa propre langue maternelle.
Les linguistes et sociologues pourront me contredire mais il me semble que c’est un signe d’une certaine acculturation (quand le contact entre deux cultures entraîne des modifications dans les modèles culturels initiaux de l’un des deux groupes). Peut-être même est-ce le signe d’un début d’intégration ? D’assimilation ?
Le drame est selon moi quand on franchit la limite du raisonnable. Vous en connaissez tous, j’en suis sur, des gens hyper cools qui parlent comme ça : “tu comprends, you know, this is just l’histoire d’un business qui a marché. A guy who actually a réussi. C’est ça qui est fantastic in the UK. You come and bam, tu fais ton business!”… Et je caricature à peine.
Faut-il avoir peur du mimétisme culturel…
Certains puristes verront derrière cette tendance l’illustration d’un impérialisme linguistique de l’anglais sur les autres langues et singulièrement le français. Je ne suis pas un fervent défenseur d’une langue française figée qui ne devrait plus évoluer. Je ne crois pas non plus tellement dans les traductions souvent ridicules des expressions anglaises (podcast ou baladodiffusion ?) mais sommes-nous encore capables de nous exprimer correctement?
Qui parmi les Français de Londres sait comment on appelle un “shift” en français? Un planning horaire? Qui sait encore que “casual” peut souvent être remplacé par “décontracté” ? Je sais bien que c’est plus cool de parler à moitié en anglais, une pinte à la main mais c’est comme si, à l’usage, en dans un élan de paresse intellectuelle, on perdait notre vocabulaire !
Je me souviens de ce prof à la fac qui m’avait interpellé sur le langage texto (que sincèrement j’ai du mal à comprendre). Il me disait que, selon lui, qu’importe qu’on puisse déformer/détruire le langage. L’important était que l’on puisse continuer à communiquer.
La forme est-elle plus importante que le fond ? Faut-il dramatiser ? Quand mes potes marocains parlent un français où un mot sur 4 est de l’arabe (ou l’inverse), est-ce qu’ils se prennent des réflexions “oh, comme tu te la pètes?!!!”
Alors que le Royaume-Uni a été touché par la crise bien avant la France, la question du rebond de son économie se pose sérieusement à l’heure où les bourses européennes et mondiales semblent reprendre gentiment confiance.
Un rebond, ça se fabrique dans les faits, dans les chiffres de l’emploi et de la consommation… mais ça se joue aussi dans l’imaginaire.Évidemment on attend 3,2 millions de chômeurs en UK en 2010. Évidemment, le marché immobilier est à plat et la finance peine à panser et à repenser ses plaies. Mais le plus intéressant, c’est que Londres garde dans la presse française son image de cité conquérante où tout reste possible.
Londres, la Une des fonds de tiroir
Deux grands magazines français viennent d’ailleurs de faire leur Une sur Londres, le Nouvel Obs et Télérama (oui vous savez, c’est le marronnier annuel qui ressort comme le classement des hôpitaux, les meilleures prépas et autres révélations sur les francs-maçons). Et bien dans ces deux mag’, on retrouve cette idée que Londres plie mais ne rompt pas.
On retrouve l’idée que la Perfide Albion renaitra toujours de ses cendres comme après l’incendie de 1666. Si l’on suit le flegme et l’optimisme britannique, c’est possible. D’ailleurs, rares sont ceux qui sont si alarmants/alarmistes de ce côté-ci de la Manche. Le show-off joue à plein. L’auto-persuasion aussi. “Keep calm and Carry on” disait déjà le panneau (un poster de 1939 destiné à rassurer la population en cas d’invasion allemande remis au goût du jour par The Guardian en 2005).
La récession : pas vue, pas crise.
Je me souviens de cette journaliste du Nouvel Obs que j’avais rencontrée en décembre et qui cherchait à l’époque à tout prix des signes du blues de La City. Difficile me disait-elle de trouver des signes réels de la crise, des commerçants qui expliqueraient que “oui, mon activité est en chute libre…” Comme si les discours des économistes (qui gardent en particulier un oeil rivé sur le volumes des achats d´auto des Anglais comme indicateur principal du moindre signe de relance de la consommation), des politiques et les annonces de licenciements n’avaient pas d’impact sur la ville.
Aujourd’hui, c’est probablement plus flagrant. Car la gueule de bois est bien là. Les bureaux et les bars à champagne sont bien vides. Mais Londres est en passe de gagner la bataille de l’image. Celle qui fait défaut à la France depuis bien longtemps. Celle qui demain attirera à nouveau les investisseurs et les jeunes loups de la finance et du reste.
Londres renaîtra. Il se dit ici ou là qu’une nouvelle bulle est en passe de se créer sur l’or et les obligations d’Etat. Il se dit que la mode suit aussi la tendance et que la coiffure trendy est désormais aux cheveux longs (économie de coiffeurs oblige!). Il se dit que c’est le moment de prendre l’Eurostar pour Londres pour dépenser des livres bon marché pendant les soldes. Il se dit que Londres sera au top pour les J.O de 2012. Prenez garde si vous en doutez ! “Honni soit qui mal y pense” disaient déjà les chevaliers british durant la guerre de Cent Ans…
Quelques lignes un peu plus perso pour une fois. Quelques lignes pour vous dire que d’ici quelques semaines, je fermerai ce blog. Comme certains ont pu le suivre dans les posts précédents, je viens d’être licencié. Un licenciement parmi d’autres dans une ville de Londres largement touchée par la récession.
Comme le suggérait Joni dans un récent commentaire et comme je l’avais laissé percevoir dans des posts précédents, ce licenciement tombe presque à pic pour moi. J’avais prévu de démissionner prochainement pour rentrer en France. Diverses raisons (discrétion, contrat…) m’empêchaient d’en parler publiquement mais avant même d’être viré, mes projets étaient déjà ailleurs. Ça ne rend pas forcément le licenciement plus doux mais d’une certaine manière, ça permet de relativiser.
Car il y a le boulot mais il y a surtout une vie après le boulot. J’adore Londres, j’adorais mon job mais j’aime encore plus la femme qui m’a attendu à Paris durant ces deux ans et demi. Crise financière ou pas, il était temps de rentrer.
Alors pourquoi ne pas fermer le blog tout de suite ? Pourquoi attendre quelques semaines ? Tout simplement parce que j’ai encore quelques détails administratifs à gérer ici et surtout, il me reste encore des sujets à aborder et à partager avec vous.
Ensuite, le site restera en ligne pour les archives mais il n’y aura plus de nouveaux posts. A quoi bon faire un French in London sans être in London.
La rumeur tournait depuis plusieurs jours dans la City, par mail principalement. A l’occasion du sommet du G20 de Londres et des manifestations attendues, il se dit que les banquiers (et par extension, tous ceux qui vont normalement bosser en costume) doivent se camoufler… Comprenez : ressembler à Monsieur Tout-le-monde !
C’est donc opération “allons bosser en Jean’s” qui se prépare ici ou là. Tout est bon pour ne pas éveiller les soupçons des altermondialistes, anarchistes et autres syndicalistes, qui prévoient de manifester contre le capitalisme. L’ennemi à abattre, il est évidemment dans la City, il est évidemment financier et il a évidemment une sacoche brodée aux armes de sa banque .
Et tant pis si encore une fois on fait l’amalgame entre La City > Finance > Banquiers > crevards! J’ai bossé deux ans et demi dans la City, je n’ai jamais été financier et à l’occasion de mon récent licenciement, mon “parachute” s’appelle humblement “indemnités”. Too bad.
La mode est au banker bashing
Il y a quelques jours, Alain Minc rappelait ses “amis de la classe dirigeante” à l’ordre dans le Figaro. Il les appelait à jouer profil bas avec leurs bonus en attendant que la crise passe. Il insistait (avec une image très française) sur le fait que 1789 s’était joué en … 1788. Sommes-nous à la veille du grand soir ? Difficile à dire. En tous cas, la fronde s’organise, surtout en Angleterre.
La semaine dernière, c’est la maison de l’ancien patron de RBS qui était vandalisée. Il faut dire que Sir Fred Goodwin (un nom pareil ça ne s’invente pas!) s’en est quand même foutu plein les poches. RBS est au plus mal et lui part à la retraite avec 700.000 livres par an, l’équivalent de ce que devrait toucher Daniel Bouton (SG) si l’on en croit le site de l’Express.
Alors faut-il en passer par la violence pour dénoncer un système ? J’ai tendance à penser que non mais notre société a besoin de se trouver des bouc-émissaires. Plombier Polonais, patrons voyous … et aujourd’hui banquier à Londres. En quelques mois, le trader est devenu la victime expiatoire qui permet à la société et aux hommes politiques d’éviter de se poser certaines questions.
On frise gentiment le populisme et cette hargne “anti-banquier” ressurgit d’ailleurs sur d’autres populations expatriées (ou immigrées selon les goûts) que sont les Français de l’étranger et singulièrement les Français de Londres (à l’image du débat sur le retour sous Assedic mais on y reviendra).
Demain, on lynche gratis ?
Alors oui, le système financier est parti en vrille. Oui, certains banquiers font preuve d’une arrogance insupportable. Beaucoup (et pas qu’aux niveaux supérieurs) ne touchent plus trop terre au bout de quelques années mais notre monde n’est pas que binaire : les gentils ouvriers d’un côté, les méchants patrons ou avares banquiers de l’autre !
La réalité n’est-elle pas que les mêmes autorités qui tapent aujourd’hui sur les banquiers n’ont pas su/voulu légiférer quand elles auraient pu le faire ? Ok, c’est facile de refaire le passé mais les banques ne sont pas en dehors des lois. Si certains ingénieurs de la finance sont passés maitres dans la capacité à contourner les règles au profit du profit, la règlementation (ou l’absence de règlementation) n’en est pas sans responsabilité.
Ce que je dis ne revient pas à blanchir le rôle de la finance dans la crise mais ça arrangeait tout le monde que les banques fassent du chiffre ! Crédits assouplis, salaires, bonus, impôts, c’était du gagnant-gagnant version Kerviel. C’est le jour où la machine se grippe qu’on pousse des hauts cris.
Alors responsabiliser le capitalisme, je suis d’accord. Faire des G20 pour relancer la machine, pourquoi pas. Encadrer les rémunérations, c’est une idée. Sortir d’un système où la redistribution n’est qu’une théorie, c’est parfait. Mais n’oublions pas qu’être responsable tout court, c’est aussi de ne pas livrer en pâture les banquiers à l’opinion publique sous prétexte de passer au Karcher le système financier. Je ne vois pas ce qu’on gagne à attiser la haine de cette manière.
Certains ont peut-être vu les vidéos de ces militants qui jetaient des boules de neige sur les employés de RBS sur Bishopsgate sous les yeux de la police. Faut-il attendre qu’une pierre fuse pour se poser des questions sur ce mouvement anti-banquier ?
“Allez, ce soir, on sort !!”. C’est pas parce que c’est la crise qu’il faut rester enfermé chez soi! C’est donc sans trop d’idées précises qu’on est allé au TKTS de Leicester Square pour trouver un billet pour le soir même. Pas très motivés par les comédies musicales du moment (et les sempiternelles autres), nous avons opté pour le théâtre et une heure plus tard, on rejoignait Piccadilly Circus pour voir “The 39 steps“.
Certains connaissent déjà plus ou moins l’histoire, “Les 39 marches”… Alfred Hitchcock en a fait un film en 1935. En réalité, c’est tiré d’un roman de John Buchan (publié en 1915). Depuis, plusieurs versions ont existé avec des variations dans le scénario mais l’histoire de base parle d’un Canadien à Londres.
Il s’appelle Richard Hannay et il rencontre une demoiselle qui se prétend poursuivie. Il accepte de la cacher chez lui où il la retrouve finalement assassinée. Craignant d’être accusé à tort, il entreprend un voyage en Écosse pour prouver son innocence…
Au Criterion Theatre, la mise en scène est excellente, visuelle et audacieuse. Les personnages principaux sont entourés de personnages secondaires joués systématiquement par les mêmes acteurs qui changent d’apparence parfois en une fraction de seconde. Impressionnant et vraiment très drôle.
Attention tout de même, ça file à 100 à l’heure et ceux dont l’anglais cale un peu auront peut-être un peu de mal à comprendre l’intrigue et le dénouement mais pour qui veut passer un bon moment (2 heures entracte compris), c’est excellent!
Et vous, vous avez vu quoi récemment au théâtre à Londres ?
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UPDATE // la pièce “Les 39 marches” se joue à Paris avec la même mise en scène jusqu’au 3 janvier 2010 au Théâtre La Bruyère (mise en scène Eric Metayer)
Bip… Mais enfin, pourquoi ça ne marche pas ? Biip again… Je suis coincé aux portillons du métro (les tourniquets locaux) sans pouvoir rentrer. Biiip… A une heure d’affluence, ça la fout mal. Biiiip… Je sens que le flot de commuters est en suspens, coupé net dans son élan à cause de moi. Biiiiiiiiiip… Zut, le Monsieur qui garde les portes d’accès se rapproche de moi…
Rien n’y fait… ou peut-être?! Ah oui, désolé, j’essaie depuis une minute de valider mon pass du boulot à la place de ma Oyster Card (le navigo londonien). Regard embarrassé. Où avais-je la tête?!
Peut-être pensais-je au rendez-vous qui allait suivre, mon tête-à-tête avec un avocat pour examiner en détail les termes de mon Compromise Agreements, mon licenciement. Autant de pages que de petites lignes. Autant de 2.3.5 que de the employee (en l’occurrence, moi). Il va falloir qu’il me parle avec des termes intelligibles sinon on va y passer la soirée…
Peut-être pensais-je à ces derniers jours au boulot. A ces bureaux qui se vident presque anonymement ici ou là sur le floor. A cette ambiance particulière où l’on a l’impression que tout est normal puisque tout le monde travaille et pourtant il règne un parfum de “à quoi bon, vendredi, la moitié d’entre nous est dehors”… Les in et les out se côtoient sans zèle.
Peut-être pensais-je à ce rendez-vous avec une nana des RH ce matin. Voilà trois jours que j’attendais que les conditions du licenciement soient couchées sur papier. Package, dates, couverture maladie, possible coaching pour reclassement, rendre l’Amex… tout y est.
Peut-être pensais-je à ces journées qui s’annoncent. Je ne suis pas sur d’avoir peur de me retrouver sans emploi mais les jours qui vont venir ne ressembleront en rien à ce que j’ai déjà connu. Oh, j’ai déjà été free-lance, j’ai déjà goûté aux joies d’une certaine précarité, celle qui vous ferait presque préférer un CPE aux portes closes… mais tout de même. Il va falloir s’y faire, au moins pour quelque temps.
Peut-être pensais-je tout simplement à mon badge. Pour une fois je l’avais gardé autour du cou en sortant du bâtiment. Je l’avais même gardé à la main, instinctivement. Une dernière communion comme pour mieux s’accrocher à ce qu’il représente encore, pour mieux encaisser la journée de demain où, accompagné de la même nana des RH, je vais devoir le rendre. Je ne tiens pas particulièrement à ce bout de plastique où trône la photo stressée de mon premier jour ici mais quand même… quand même…
Finalement, j’ai pu passer les portillons, mes camarades commuters ont pu reprendre leur course et moi j’ai pu aller à mon rendez-vous.
J’ai eu parfois envie qu’on abrège le mois qui vient de passer, comme un taureau qui attendrait qu’on lui plante un gros pic aiguisé à la base du cou pour abréger son attente. Mais finalement, je ne regrette pas ces derniers moments.
J’en arrive même à porter déjà un regard tendre sur cette aventure chez NOUS. Quand j’y suis rentré, j’y voyais une opportunité d’apprendre, de progresser, de prendre des responsabilités, d’avancer. Aujourd’hui, je suis au pied du mur et mon opportunité, c’est de rebondir, ailleurs, plus loin, plus haut. Et tant pis pour mon badge. A suivre !
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